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Classiquesen Ligne

Scène V

Les Mêmes, LOUISE.

LOUISE, qui a interrogé Coqueret du regard en entrant, et à qui celui-ci a fait signe que leur maître était dans les espaces. De la part de Coqueret, cet avertissement n’a rien d’ironique, il est, au contraire, respectueux et admiratif.

LOUISE.

Bonjour, monsieur…

DURAND, tressaillant et quittant son pavé.

Ah ! bonjour, ma Louise ! bonjour, ma bonne fille ! (il l’embrasse au front, presque respectueusement.) Es-tu un peu contente de me revoir ?

LOUISE.
Oh ! oui, monsieur, bien contente.
COQUERET, bas, à Louise.

Pourquoi est-ce que tu ne l’embrasses pas, toi ? Embrasse-le donc !

LOUISE, bas.

Non !

DURAND, à Coqueret.

Pourquoi lui parles-tu tout bas ? (À Louise.) Qu’est-ce qu’il te disait ?

LOUISE.

Rien, monsieur, des bêtises !

COQUERET.

Ah ! non, monsieur, c’était pas des bêtises ! Je lui disais d’embrasser monsieur. C’était pour faire plaisir à monsieur ! Vrai !

DURAND, un peu ému.

Non ! elle a raison d’être plus réservée, plus sérieuse dans ses manières, à présent qu’elle est grande.

COQUERET.

C’est donc ça qu’elle ne veut plus que je l’embrasse, moi ? Mais, avec monsieur, qui est âgé, c’est pas la même chose.

DURAND.

Agé… âgé ! …

LOUISE.

Voyons, monsieur, mettez-vous donc à votre aise ! (À Coqueret.) Va lui chercher sa veste et ses pantoufles. (Coqueret sort en courant par la porte de droite, qui conduit a la chambre de M. Durand.)