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Classiquesen Ligne

Scène X

LE VICOMTE, LE MÉCANICIEN, LA DEMOISELLE DE LA SOURCE, puis DOLLY, et LA BARONNE.
LE MÉCANICIEN, au vicomte.

C’est bien Monsieur le Vicomte de Houdan que je cherche ?

LE VICOMTE.

Oui. Qu’est-ce qu’il y a encore ?

LE MÉCANICIEN

C’est qu’on ne sait jamais : vous vous êtes bien payé ma tête tout à l’heure, quand vous m’avez dit que vous étiez reparti ! J’ai pris ça comme du petit lait… Enfin ! on en rira plus tard. C’est pour dire à monsieur que l’auto attend.

LE VICOMTE.
Ah ! oui…
LE MÉCANICIEN.

Madame la comtesse attend sans faute M. le vicomte. On ne se mettra pas à table devant que monsieur soye arrivé. D’ailleurs j’ai la consigne de ne pas rentrer sans monsieur.

LE VICOMTE.

C’est que… Je dois voir quelqu’un avant, je pourrais vous retarder… Allez toujours, si je ne suis pas là vers les neuf heures et demie, dix heures, qu’on se mette à table… Mais je serai là !

Il s’éloigne.
LE MÉCANICIEN.

Oh ! J’ai le temps d’attendre monsieur, j’ai une quatre-vingt-dix chevaux.

LE VICOMTE., intéressé.

Une quatre-vingt-dix chevaux ? (Il revient vers le mécanicien.) Qu’est-ce que vous faîtes en palier avec ça ?

LE MÉCANICIEN.

Quand la route est libre, avec une bonne carburation, personne ne me dépasse ; il faudrait-aller à cent vingt pour me faire le poil, je fais du cent dix largement.

LE VICOMTE.

Du cent dix !

LE MÉCANICIEN.

Mais oui, monsieur, tel que je vous parle.

LE VICOMTE.

J’ai envie d’aller avec vous. Attendez-moi donc devant la porte, je vous rejoins ! Mettez en marche !

Le mécanicien sort par la gauche, le vioomte sa dirige vers la source pour boire son verre d’eau.

DOLLY, entrant et ôtant le verre des mains du vicomte au moment où celui-ci se prépare à boire.

Laisse donc ça, tu vas te couper l’appétit ! J’ai commandé par téléphone un bon petit dîner au chalet du Lac. Va t’habiller tout de suite.

LE VICOMTE.

Je ne peux pas !

DOLLY.

Chanut va nous emmener avec ses deux irlandais qu’il a reçus hier.

LE VICOMTE.

Il a reçu ses irlandais ?

DOLLY.

Il voudrait que tu les conduises un peu pour voir s’ils sont bien en main.

LE VICOMTE, hésitant.

… Sapristi !

DOLLY.

Allons, dépêche-toi, filons !

LE VICOMTE.

Je ne peux pas aujourd’hui !

DOLLY.

Pourquoi ?

LE VICOMTE.
Je ne peux pas, je te dis, il faut que j’aille voir ma fiancée !
DOLLY.

Ta fiancée ? Où ça ?

LE VICOMTE.

Je n’en sais rien ! J’en ai une ici, et une autre à quatre lieues. Je ne sais pas où aller.

DOLLY.

Alors viens avec moi !

Elle se dirige vers le fond.
LE VICOMTE.

Je ne peux pas !

LA BARONNE, passant à droite, au Vicomte.

À tout à l’heure, dépéchez-vous !

LE VICOMTE, à la Baronne.

Oui ! À tout à l’heure.

Il se dispose à suivre la Baronne qui sort par la droite.
LE MÉCANICIEN, paraissant à gauche.

J’attends monsieur !

LE VICOMTE, au mécanicien.

Ah ! oui, je viens.

Il marche vers la gauche. Le mécanicien sort.
DOLLY, au fond.

Eh bien, voyons ?

LE VICOMTE, après un instant d’hésitation.

Je vais avec toi !

DOLLY.

Allons ! vieille tortue ! Dépêche toi donc !

Elle sort en le poussant à coups d’ombrelle.


Rideau.