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Classiquesen Ligne

Scène VI

HERBELIER, HUBERT, puis BICHAL, puis BAUDE BOBY.
HERBELIER, paraît à droite premier plan ; il a des favoris blancs) une stature imposante ; il marche lentement, va presser an bouton de sonnette, vient jusqu’à l'avant-scène, bâille longuement et regarde sa montre. Au valet de pied qui vient d’entrer.

Hubert !

HUBERT.

Monsieur !

HERBELIER.

Hubert, si Madame demande où je suis, vous direz que j’ai été obligé d’aller au cercle… pour voir un Anglais qui est de passage…

HUBERT.

Et si Madame demande à voir Monsieur, faudra-t-il aller chercher Monsieur au cercle ?

HERBELIER.

Non !… Dans ma chambre… (Il baille.) Hubert vous entrerez doucement, (Hubert sort.) Je ne sais pas ce que j’ai à avoir sommeil comme ça. J’ai pourtant bien dormi cet après-midi. (Le jeune Bichal entre par la porte du fond à gauche.) Tiens ! Le jeune Bichal !

BICHAL.
Bonjour, monsieur Herbelier !
HERBELIER.

Vous venez au bal, jeune Bichal ?

BICHAL.

Oui, monsieur… Ces fêtes de madame Herbelier sont charmantes !

HERBELIER.

Il faut croire, puisque vous y venez, sans y être forcé. Je voudrais bien être comme vous… un invité. Si j’étais un invité, savez-vous ce que je ferais, jeune Bichal ? J’irais me coucher. Vous savez, si ça vous tente le moins du monde d’aller vous coucher, je vous y autorise.

BICHAL, protestant.

Je vous assure, monsieur… que je m’amuse beaucoup.

HERBELIER.

Sérieusement ? Je ne peux pas croire ça. (Chant dans la coulisse.) Écoutez !… Ça ne vous fait pas peur ? En tout cas, je vous autorise à rentrer chez vous et même je vous y engage. Vous vous lèverez plus tôt demain et vous serez plus dispos.

BICHAL.

Mais, monsieur…

HERBELIER.
Vous ferez comme vous voudrez. Je vous engage à aller vous coucher, mais je ne vous y force pas. J’ai fait mon devoir, je vous ai donné un bon conseil.
BICHAL.

Avec votre permission, je vais aller présenter mes respects à madame Herbelier.

HERBELIER.

Allez ! Allez !

Bichal sort par le fond. Herbelier s’en va lentement vers sa chambre. Baude-Boby paraît au fond à gauche, aperçoit M. Herbelier et se dirige vers lui.

BAUDE-BOBY.

Bonjour, monsieur !

HERBELIER, se retournant.

Bonjour, mon jeune ami. (Avec résignation.) Encore un invité ! Pourtant vous n’êtes pas un débutant, vous. Vous savez ce que c’est que les bals blancs ! Et vous en redemandez ! (Dans la coulisse, le chanteur entame un air de « Robert le Diable ».) C’est une grande soirée, vous savez !… Monsieur Boby, je vous jure que je ne le dirai à personne, si vous allez vous coucher.

BAUDE-BOBY.

Excusez-moi, mais je vous assure que j’ai un vif plaisir…

HERBELIER.

Oh ! s’il faut tellement insister ! Allez, allez…

BAUDE-BOBY.

Du reste, je vois madame Herbelier qui…

HERBELIER.

Ma femme ! Comme c’est difficile de ne pas se rencontrer quand on habite la même maison !

Il s’esquive par la porte de droite ; Boby le regarde avec
stupéfaction en hochant la tête. Madame Herbelier, la baronne et Yvonne entrent par le fond.