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Classiquesen Ligne

Scène II

Les Mêmes, BAUDE-BOBY.
BAUDE-BOBY.
Bonjour, madame. (Apercevant d’Avron.) Tiens Bertrand. (Il lui serre la main.) Je suis justement en train de faire ma liste des nouveaux arrivants… (Il s’assied et écrit.) « Bertrand d’Avron ».
BERTRAND D’AVRON, lisant par-dessus son épaule.

Elle n’est pas mauvaise ! Il me met à côté de Triplepatte ! Robert de Houdan, Bertrand d’Avron ! Demandez la liste des gendres successifs de l’éléphant blanc !

LA BARONNE.

Comment ! Robert de Houdan est ici ?

BAUDE-BOBY.

Il arrive d’Italie. Il faut vous dire qu’il a quitté Paris, il y a quinze jours, pour courir après ses malles qui avaient été enregistrées pour Rome.

LA BARONNE.

De sorte que ce voyage de noces qu’il redoutait tant, il a été obligé de le faire tout de même, et sans femme !

BERTRAND D’AVRON.

Il est vrai qu’il aimait peut-être mieux ça.

LA BARONNE.

Ça se dit !

BAUDE-BOBY.

Vous savez l’histoire de son autre fiancée ?

LA BARONNE.

Oui, la petite fille de six ans ?

BAUDE-BOBY.

Elle l’a lâché.

BERTRAND D’AVRON.

Ah bah !

LA BARONNE.

Oui ! Madame de Crèvecœur a trouvé pour sa fille un bien plus beau parti, c’est un duc, âgé de trois mois ; elle l’a pris chez elle avec sa nourrice et, dans dix-huit ans, elle lui fera épouser sa fille.

BERTRAND D’AVRON.

C’est une femme qui a de l’esprit de suite.

BAUDE-BOBY.

Si vous voulez venir à la promenade des Anglais, vous avez des chances d’y rencontrer le vicomte.

LA BARONNE.

Ah non ! par exemple ! Je ne le connais plus ! Quel affreux jeune homme !

BAUDE-BOBY.

Venez-vous, Bertrand ?

LA BARONNE, regardant dans la coulisse de droite.

Restez. Voici justement des gens qui vous intéressent.

BERTRAND D’AVRON, regardant à droite.

Non ! il vaut mieux que je me montre le moins possible… Parlez-leur de moi : j’ai plus de confiance dans votre éloquence que dans la mienne.

Il sort avec Baude-Boby par la gauche ; la baronne fait des signes avec son ombrelle vers la droite.