Un Capitaine de quinze ans (1878) raconte comment Dick Sand, jeune mousse de quinze ans embarqué sur un baleinier américain, se retrouve contraint de prendre le commandement du navire après la disparition en mer du capitaine et de tout l'équipage expérimenté, ne pouvant compter que sur des marins peu qualifiés et sur les passagers civils à bord, dont Mrs Weldon et son jeune fils. Trahi par le cuisinier de bord, Negoro, individu louche aux intentions cachées qui manipule secrètement la boussole du navire pour le dérouter, Dick Sand, persuadé de naviguer vers l'Amérique du Sud, se retrouve en réalité à avoir traversé tout l'Atlantique jusqu'aux côtes de l'Angola, en pleine Afrique où sévit alors le commerce triangulaire des esclaves, sans le savoir. Le jeune capitaine et ses compagnons se retrouvent alors précipités dans une aventure terrestre périlleuse à travers l'Afrique coloniale, confrontés aux trafiquants d'esclaves, aux dangers de la jungle et aux manigances continuelles de Negoro, avant un dénouement où le courage et la débrouillardise du jeune capitaine, mûri prématurément par l'épreuve, permettent finalement le sauvetage de tout le groupe. Verne y mêle roman maritime d'apprentissage et dénonciation frontale de l'esclavage colonial encore pratiqué en Afrique à son époque, faisant de ce roman l'un des Voyages extraordinaires les plus engagés politiquement de tout son œuvre. Prépublié dans le Magasin d'éducation et de récréation tout au long de l'année 1878 avant sa parution en volume chez Hetzel en deux parties, la première le 1er juillet et la seconde le 14 novembre de la même année, le roman est illustré par Henri Meyer. Ce roman s'inscrit dans une série de textes verniens ouvertement engagés contre l'esclavage, aux côtés de Nord contre Sud, confirmant l'importance que Verne accordait à cette question morale dans son œuvre destinée à la jeunesse. Verne y documente avec précision les pratiques réelles de la traite négrière encore actives en Angola à la fin du XIXe siècle.