Faradialé et Souloula.
31 mars. — Au village de Faradialé, je revois le Strophantus de Banan. Nous rencontrons une caravane de dioulas, composée d’une vingtaine de porteurs, chargés de barres de sel.
Le village de Souloula est composé de plusieurs groupes de cases fort distants les uns des autres ; un seul, celui du chef, est entouré d’un reste de tata. Autour du puits est le jonc à rhizome odorant déjà signalé. J’ai remarqué des nétés mûrs. En dehors du village, tout près du tata, se trouve une Euphorbe cactiforme qui produit une douleur très vive, pouvant durer plusieurs heures, sur toutes les muqueuses mais surtout sur les yeux. L’arbuste est couvert d’incisions ; il est donc probablement utilisé par les indigènes.
Sur un petit coteau ferrugineux qui avoisine le village, croissent quelques touffes de goïn. Elles ont été saignées récemment pour la première fois.
Il y a seulement 10 kilomètres de Souloula à Bougouni. Le chemin est bordé de yoros, jolis arbustes de la famille des Polygalées (Securidaca longepedunculata Fres), à fleurs pourpres, rappelant l’arbre de Judée. J’ai rencontré aussi l’orchidée tuberculeuse, le sinia, et une très curieuse Aroïdée (Amorphophallus). Je remarque que les karités n’ont pas tous des fruits. Dans quelques-uns, les traces des fleurs persistent encore, avortées. Dans d’autres, il y a seulement quelques fruits çà et là bien que l’arbuste soit adulte. Enfin certains arbres sont chargés de fruits ; il en naît plusieurs à chaque inflorescence.
On aperçoit le poste de Bougouni à deux ou trois kilomètres de distance. Ce poste occupe une situation pittoresque. Il est bâti à l’extrémité d’une colline ferrugineuse qui après avoir décrit une courbe ouverte vers le Baoulé, encadrant le village, vient se terminer brusquement dans la plaine où coule le fleuve. Le poste domine ainsi le terrain environnant d’une cinquantaine de mètres. Au pied, se trouvent le village des tirailleurs et le village de Liberté.