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Classiquesen Ligne

Diéguénikalana et Kéméné.

29 mars. — A partir de Iantola, on suit le chemin de Siguiri à Bougouni, large et bien entretenu.

Dans la nuit, après 3 kilomètres de marche, je remarque des excavations sur les bords ; elles ont peut-être servi à faire des recherches d’or. Au lever du jour nous passons un marigot : une bande de biches s’enfuit à notre approche.

Je traverse Bounonko, après une heure et demie de marche. C’est un grand village, détruit en partie. Il ne reste plus que quelques cases et des pans de tata.

En dehors du village, le dougoutiguia fait construire trois cases rapprochées, aidé des habitants des villages voisins, pour recevoir les Européens à leur passage (ordre du Commandant).

Diéguénikalana où je déjeune est un pauvre village très réduit. Au milieu de la plaine où travaille un tisserand, il y a seulement un gouin (Pterocarpus erinaceus Lamk.) actuellement en fruits, donnant très peu d’ombrage. Dans le lougan, je remarque des traces de cultures de coton, de diefa-diaba pour prendre les poissons, des indigotiers. J’observe aussi un pied de ricin.

J’aperçois, pour la première fois, en train de sécher sur une case, dans une petite calebasse tressée avec des roseaux, des feuilles de ouo ou de gouo, trouvé le lendemain à Ténétou en fleurs. Ce ouo (Zanthoxylum senegalense D. C.) après avoir été réduit en poudre est mis dans les sauces fabriquées par les moussos pour parfumer le couscous. J’observe aussi, et de même pour la première fois, des femmes en train d’écosser des fruits de diala (caïlcedrat) pour la fabrication du savon.

Dans la case de mon hôte, il y a, suspendues ou placées sous les traverses qui supportent le toit, diverses choses bizarres : plumes de différents oiseaux, notamment fragments de plumes d’autruches, coquilles d’anodontes du fleuve, une carapace de tortue de 10 à 15 centimètres de diamètre. Cette tortue appelée Sora se mange, paraît-il.

A deux heures, je me mets en route, pour Kéméné où j’arrive le soir à la tombée de la nuit.

Sur la route, j’ai récolté une petite Labiée assez odorante et j’ai vu en fleurs le Terminalia macroptera Guill. et Perr., arbre à grandes feuilles ovales et glaucescentes.

Je n’ai rien vu de notable à Kéméné, où je suis arrivé et reparti de nuit. Le chef du village me dit que les hyènes et les panthères viennent fréquemment dans les environs, la nuit.