Iantola.
28 mars. — Partis de grand matin, nous arrivons au petit jour au bord du fleuve. Il est assez étroit et peu profond, du moins au gué. Sur le sable, il y a des légions de petites fourmis noires, formant une colonne serrée très longue.
Les fruits du Ximenia, semblables à de petites prunes mirabelles, sont toujours très abondants et en pleine maturité. Ils ont une saveur aigrelette très agréable, et les indigènes en cueillent tout le long du chemin.
A environ 2 ou 3 kilomètres de Iantola, on arrive sur l’emplacement d’un très vaste village détruit ; la brousse a réenvahi le terrain où s’élevaient les cases.
A partir de là, sur un plateau ferrugineux étendu, la liane goïn et le saba sont communs et saignés depuis longtemps. J’ai vu aussi le Strophantus sarmentosus D. C. encore en fleurs.
Le singan (Cassia Sieberiana D. C.) à fleurs jaunes est très commun aussi dans les bosquets ; les fleurs commencent à tomber.
Le village de Iantola est situé dans une vaste plaine de 150 à 200 hectares d’étendue, paraissant fertile. C’est l’emplacement d’un très grand village détruit. Des restes de cases et des baobabs dispersés dans cette plaine l’indiquent. Sur ce terrain croît le fafetone qui n’atteint ici que 0 m. 80 de hauteur et dont la tige est herbacée sur toute sa longueur. Il est actuellement chargé de fleurs et de fruits non mûrs.
Ce village de Iantola conviendrait bien pour une exploitation caoutchoutière par suite de l’étendue des terrains cultivables entourant le village.
Un marigot situé à 30 mètres à l’Est du village contient encore beaucoup d’eau claire et en retirant la vase, on pourrait en accumuler beaucoup. Il serait facile d’irriguer toute la plaine cultivable ; de plus le marigot est bordé d’une bande étroite de terres noires d’alluvions, très propre aux cultures potagères et aux semis. La plaine pourrait être élargie par des déboisements. Elle est entourée de coteaux ferrugineux élevés, très propres à la multiplication du goïn. Il en existe déjà beaucoup à travers la brousse.
Les bornes pourraient être faites par le fleuve et par le premier marigot qui coupe le chemin allant sur Dieguénikalana. Il ne faut pas perdre de vue que le Balé (grossi du Sankarani) est probablement navigable durant l’hivernage et va se jeter dans le Niger à mi-chemin de Siguiri et Bammako.
La flore des bords du marigot est riche, le Ceratopteris croît dans l’eau aux endroits ombragés. On cultive dans cette région le n’yaron (aubergine), les oignons, le boron.