Zandiéla
11 avril. — Nous partons de Ouré vers 6 heures et demie. Les karités et les nétés sont très nombreux sur la route. Le faux jujubier de Bomtyn est aussi commun depuis Bougouni.
Le mana paraît avoir presque disparu ; je n’en rencontre plus. Le saba en fleurs est abondant partout. J’ai vu quelques pieds de sofara dont les fleurs sont passées.
Peu après Faradé, nous traversons le Banifing sur un pont formé de branches d’arbres recouvertes de terre ; le tout est supporté par un échafaudage très compliqué. La rivière est actuellement réduite à un petit filet d’eau, qu’on peut par places enjamber sans se mouiller les pieds. Il n’y a pas de plantes remarquables sur les rives du fleuve. Les caïmans sont très communs dans le Banifing.
A 8 heures et demie, nous passons à Zanabgo, village en partie détruit, encore important. J’y observe un ntaba encore en pleine floraison. Peu après, je rencontre quelques goïn chétifs, jeunes, saignés néanmoins récemment.
A 10 heures, nous arrivons à Zaniéla, village formé de quatre ou cinq groupes de cases, en parties détruits. On y élève des abeilles. J’y ai remarqué un beau pied de coton.
Les fafetones sont très communs dans le lougan autour du village, en fleurs et en fruits. Le tiga nin guenin est cultivé durant l’hivernage. Je n’ai vu qu’un seul papayer.
Il existe une pratique bizarre que j’ai vue ici pour la première fois. Quand un vieil indigène est mort, on badigeonne le côté droit de la porte de sa case en dessinant un caïman en relief, ou simplement sur deux bandes en relief, on applique du couscous de riz pilé. Cela donne l’aspect d’un badigeonnage au lait de chaux. On coupe ensuite un coq vivant en morceaux, et on en barbouille l’entrée de la case. On renouvelle le sacrifice du coq de temps en temps. Ces marques attestent que l’indigène qui habitait la case a été regretté.