Mantira, Diassa, Sfaraiso.
Dimanche 7 mai. — Nous partons de Serké à 6 heures. A une distance d’environ 3 ou 4 kilomètres, on longe un marigot bordé de grands arbres en fleurs, des coso (Berlinia) dans lesquels des bandes de singes prennent leurs ébats. Enfin, nous traversons un plateau sur lequel les lianes à caoutchouc sont assez communes.
A 1 kilomètre avant Mantira, il existe au bord de la route un groupe de quelques arbres dans lequel s’élèvent de hauts goïn, au tronc énorme, formant un buisson qui sert de bois sacré au village. La place est nettoyée, et quand je passe, on vient d’égorger un poulet, probablement pour éloigner les maléfices que je pourrais apporter. Le sang et les plumes blanches sont placés sur un petit monticule au pied des lianes.
Pour arriver à Mantira, il faut traverser un beau marigot bordé de hauts banans donnant un ombrage épais. Dans tout le village se trouvent de grands arbres ; les finzans (Blighia sapida Kon.) sont en grande quantité. Il y a quelques gros baobabs. A côté de leur tronc et les enveloppant parfois presque entièrement, croissent des doubalés dont plusieurs atteignent déjà de puissantes dimensions.
Diassa n’est qu’un petit groupe de quelques cases de cultures. Je trouve à côté un pied de diagabéré (Colocasia antiquorum Schott). Un petit marigot passe là. Le superbe Kaempferia æthiopica Benth., à grandes fleurs violettes ou roses, est très commun dans la brousse et couvre d’un tapis de pourpre les sous-bois à claire-voies.
Nous croisons un troupeau de gazelles qui s’enfuient. Nous rencontrons aussi des femmes qui reviennent de la brousse avec des charges de fruits de Karité.