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Classiquesen Ligne

Mamabougou. — Serké (17 kilomètres).

Samedi 6 mai. — Partis de Sikasso à 4 heures du soir, nous sommes arrivés à Serké à 8 heures et demie. De Sikasso à Serké, presque tous les terrains sont en lougans et l’on est en ce moment en train de les préparer pour la culture du mil. Une partie des ensemencements sont déjà faits autour de Sikasso. Les premières tornades annoncent aux noirs l’arrivée de l’époque des semailles. Dans les lougans, les terres sont déjà profondément ravinées par les pluies. C’est pour cette raison que l’on fait des buttes sur lesquelles on plante le mil et le coton.

Dans les anciens lougans abandonnés, on observe de grands Calotropis procera Ait. Ils atteignent la taille de ceux du Sénégal, ayant 2 à 3 mètres de hauteur ; le tronc, gros comme le bras, ligneux à la base, est protégé par un liège fendillé, épais, de couleur cendrée, recouvrant des fibres résistantes. A 2 ou 3 kilomètres de Sikasso, on traverse un marigot rempli d’une Characée, bordé de Pandanus Heudelotianus Balf. ; ces arbres, quand ils sont âgés, atteignent 5 à 6 mètres de hauteur, avec 3 ou 4 rameaux terminés par une couronne de feuilles ; le tronc en est blanchâtre et présente de nombreuses cicatrices annulaires, laissées par la chute des feuilles ; il offre quelques épines à la base et est porté souvent par un groupe de racines adventives faisant saillie de 50 centimètres hors du sol ou de l’eau. Je revois cette Monocotylédone jusqu’à Pénia, puis encore en allant de Pénia à Sindou.

Vers 7 heures, j’arrive au bord d’un marigot très boisé d’où les animaux aquatiques font entendre un bruit assourdissant. Au-dessus, dans la feuillée, les cigales modulent leurs notes stridentes. Avant d’entrer au village de Serké, il faut traverser deux fois un marigot assez large bordé de grandes tables de grès. De nombreux arbres en fleurs y répandent un parfum agréable.

En traversant la brousse, je distingue pour la première fois un parfum analogue à l’encens qui serait produit (d’après les officiers de Sikasso) par les cendres d’un arbre qui serait le oro (Terminalia macroptera Guill et Perr.) d’après un boy. M. Laville, commerçant à Sikasso, a acheté plusieurs kilos d’encens. Il n’a pu en connaître la provenance. M. Krisberger m’a dit qu’il existait dans le nord de la boucle de Niger une résine, recueillie par les Touaregs, qui possède aussi le parfum de l’encens. Cet arbre du Nord est sans aucun doute le Commiphora africana Endl. qui n’existe pas dans le territoire de la Volta. C’est le Bdellium d’Afrique.