Hydrographie des environs de Tombouctou.
Marigot de Day. — Le marigot de Cabara s’étend jusqu’à Tombouctou pendant les grands hivernages. L’eau n’est pas venue sous cette ville depuis la prise, en 1894. En temps habituel, on redoute ces inondations qui entravent toute communication entre Tombouctou et Cabarah, mais actuellement on en désire une parce que l’eau va manquer à Tombouctou.
Les mares de Tombouctou. — Ces mares sont formées par un niveau d’eau sous une couche d’argile. La couche de sable qui recouvre l’argile se trouve imprégnée d’eau sur une hauteur qui varie avec la hauteur de l’eau dans le fleuve et dans les marigots qui communiquent avec lui. Actuellement, il faut descendre de 10 à 15 mètres au-dessous du niveau du sol de la ville, dans les mares pour y puiser de l’eau et encore, tous les soirs, le fond des flaques est presque à sec. Dans la nuit, l’eau s’accumule de nouveau dans ces flaques par suite des suintements qui se produisent sur les parois du sable. L’eau des mares est très sale le soir, les indigènes étant venus y puiser, s’y laver et même s’y baigner pendant toute la journée. Le matin, elle est assez limpide car elle a eu le temps de se déposer dans la nuit. Toutes ces mares sont remplies d’une végétation aquatique. On y trouve diverses algues bleues et surtout vertes (Confervacées, Spirogyres, etc.). L’eau est actuellement colorée en vert, probablement par les spores de ces algues. On trouve dans toutes les mares une Lemna qui ressemble au L. minor par son thalle, mais elle est dépourvue de racines. Il n’y a pas de Pistia dans ces mares ; par contre on y trouve beaucoup de Graminées et de Cypéracées, et en abondance les deux espèces de Jussiæa déjà récoltées.
Faune des mares de Tombouctou. — Quelques insectes aquatiques vivent dans l’eau dormante ainsi qu’une espèce de grenouille ou crapaud. On y trouve aussi un poisson siluridé, à grosse tête couverte de grandes écailles osseuses, à bouche entourée de barbillons allongés. Certaines années, on y a vu des caïmans atteignant jusqu’à 1 mètre de longueur. Ils avaient été apportés évidemment par l’inondation. D’après les photographies prises par F. Dubois à son passage à Tombouctou, l’eau paraissait venir jusqu’au niveau du sol à cette époque. Il faut, aujourd’hui, descendre de 5 ou 6 mètres pour aller y puiser.
Les principales mares sont : celles des Spahis dont l’eau est assez claire ; la mare du jardin du poste ; la mare du jardin des Pères Blancs ; la mare située derrière la grande mosquée ; la mare de l’Est ; enfin les mares appartenant aux indigènes. Autour de ces mares on cultive : le da, le gombo, le cotonnier, le tabac, l’indigotier, une espèce de menthe[7].