Climat de Tombouctou.
Il n’y a qu’une quinzaine de pluies par an. La plus abondante a lieu vers le 15 août. On en a parfois vu de plus longues.
Les indigènes se souviennent avoir vu plusieurs fois de la glace à Tombouctou. Les chutes de grêle sont assez fréquentes. M. Vidal en a observé une très abondante et dont les grêlons avaient la grosseur d’un œuf de poule. On put en recueillir, au poste, une assez grande quantité pour faire des boissons à la glace. La température est fraîche pendant les mois de novembre, décembre, janvier. On a vu des moyennes de 12° pour une journée. Fréquemment le thermomètre descend, le matin, à 6°. C’est l’époque de la plus grande mortalité, même pour les européens. En juin, juillet, août, la température est très chaude ; cependant il y a toujours du vent. Souvent le thermomètre dépasse 35° à l’ombre au milieu de la journée, entre 10 heures et 4 heures. Le ciel est bleu grisâtre une grande partie de l’année. Du 15 au 30 juillet, il est presque toujours nuageux, et son aspect est celui des ciels du Nord de la France.
Tornades sèches. — Elles sont très fréquentes à cette époque de l’année. Il y en a presque tous les jours. Elles apparaissent, en général, à la tombée de la nuit entre 6 heures et 8 heures. Les éclairs sont fréquents. A l’horizon, ce sont des éclairs de chaleur, et entre les nuages noirâtres des éclairs en zig-zags. Ces tornades viennent ordinairement de l’Est, parfois du Nord ou de l’Ouest, très souvent du Sud. Lorsqu’elles se produisent, les sables sont chassés avec une grande violence ; le ciel s’obscurcit et prend une teinte rougeâtre ; le sable s’accumule en gros tas généralement vers l’Est. Cette tornade sèche dure habituellement vingt minutes, mais peut durer deux heures.
Tornades humides. — Pendant une tornade sèche il ne pleut, pour ainsi dire pas. On a vu cependant des tornades d’une grande violence ; l’une, en 1897, donna 65 millimètres de pluie et dura plusieurs heures, l’eau tombant à torrents. Il y a environ vingt tornades de pluies par an, réparties entre les mois de juillet, août, septembre, donnant en moyenne 50 centimètres d’eau par an et 22 millimètres par tornade. Le petit hiver est marqué en janvier par la grande fraîcheur qui revient certains jours où le soleil reste caché toute la journée. Il peut aussi tomber quelques petites pluies insignifiantes durant cet hivernage. Pendant le grand hivernage, en outre des vingt grandes tornades dont il a été parlé, il tombe aussi, à la suite d’une partie des tornades sèches, quelques gouttes de pluie, trop faibles pour être enregistrées au pluviomètre. Ce n’est qu’au moment des grandes pluies que l’eau ruisselle un peu ; mais elle est bientôt absorbée par les sables. A Cabarah, et le long du fleuve, il tombe une plus grande quantité d’eau.