Géologie de Tombouctou.
Terrains. — Du sable, des alluvions argilo-humiques dans la vallée du Niger, et c’est tout. Les pierres sont très rares à Tombouctou ; je n’ai pas pu en trouver pour sécher mes plantes. Celles qui servent de meules ou pierres à foyers ont été apportées. Dans les sables j’ai trouvé de petites concrétions calco-siliceuses paraissant de formation récente. Les sables de Tombouctou sont remaniés constamment, les dunes se déplaçant là où elles ne sont pas fixées par les arbustes épineux et les Graminées. Ces sables sont blanchâtres, très fins. Soulevés en nuages dans l’air, ils ont un aspect rougeâtre. Tombouctou ne paraît pas avoir été toujours renfermé dans des dunes de sables.
On trouve dans les mares, à 10 ou 15 mètres de profondeur au-dessus du niveau moyen des dunes, une couche argileuse de terre blanchâtre, brune, liante, très fertile. C’est le niveau d’eau de Tombouctou. Cette terre paraît être due aux alluvions du Niger qui s’étendait jusque là autrefois. Les abords du Niger, vers Kourioumé et Day, sont entravés d’épaisses couches alluvionnaires dans lesquelles les indigènes vont tailler la terre grasse qui sert à fabriquer le ciment de Tombouctou. C’est dans ce terrain que le bras du marigot de Day s’est creusé un lit. Au delà de Kabarah, ces lits ne roulent plus que sur le sable meuble ; il n’y a pas trace d’alluvions dans les tranchées où les eaux se répandront dans quelque temps pour venir à Tombouctou. Les sables de Tombouctou n’étant pas stables, on n’y trouve pas de fossiles ; on rencontre seulement, aux abords de la ville, une grande quantité de débris d’os et de poteries, mais tout cela est très récent. Les os, sur le sable, possèdent une blancheur éclatante. J’ai trouvé, derrière le fort Bonnier, une petite coquille tertiaire à la surface du sable qui n’était évidemment pas en place. Enfin les indigènes m’ont dit qu’avant l’arrivée des Français, au lieu d’aller chercher la terre glaise pour bâtir les habitations du côté de Dayet Kouriouné, on la prenait à Kabarah. On creusait des puits (dont je n’ai pas vu trace) et, avant d’arriver à la couche argileuse, on trouvait un lit de sable plus compact qui était rempli de coquilles admirablement conservées. On voit encore des coquilles semblables chez les indigènes de Tombouctou. Ils les emploient pour faire des colliers. Je m’en suis procuré 300 à raison de 600 cauries (25 pour un sou). D’après mon boy, Sidi Diallo, le sable, à la surface du sol, est jonché de coquilles. Le R. P. Dupuis possède une collection de coquilles tertiaires qui viennent du versant ouest du lac Horo.