Coupe schématique des bords du Faguibine au moment des basses eaux.
AB. Lac Faguibine. Les eaux du bord venant constamment laver les sables de la plage sont toujours boueuses.
BC. Écume blanche à la limite des eaux.
CD. Zone sablonno-vaseuse, sans végétation, récemment découverte par les eaux. La surface est encore humide et enfonce sous les pieds. Les noirs qui y travaillent ont les pieds enfoncés dans la vase, de la cheville jusqu’à la cuisse. C’est dans cette zone qu’on plante en ce moment le riz venu en pépinière en EF.
DE. Zone sans végétation, à surface couverte de plaques vaseuses, desséchées, fendues et séparées les unes des autres en plaques épaisses de un centimètre environ. Au-dessous de cette couche complètement desséchée et aride, on trouve un sol humide retenant beaucoup l’eau et très riche. C’est un sol sablonno-argilo-humique, retenant l’humidité grâce à la forte proportion d’humus qu’il contient. Il est de couleur rouge grisâtre, avec de larges plaques noires fétides (humus) quand on coupe le sol. Les pieds de riz, développés exceptionnellement dans ce terrain, y sont très beaux ; les pieds de mil, au contraire, sont à feuilles jaunes et malades, la dessiccation du marais ayant été faite trop vite. C’est ce sol exceptionnellement riche qui convient à la culture du blé au moment des hautes eaux.
EF. Champs de mil plantés à demeure et pépinières denses de pieds de riz qu’on arrache à cette époque, pour les planter à la limite des eaux. Le sol argilo-humique est déjà moins riche que celui de la zone précédente. Sous une faible épaisseur de terre, 1 ou 2 centimètres, la terre est encore humide et mêlée de taches noirâtres. La surface du sol est souvent recouverte de coquilles de Cérithes semées à la surface du sol, surtout dans les endroits où on a fait des trous pour semer le mil. Il y a de deux à cinq pieds de mil par trous distants de 50 à 70 centimètres. Ils sont assez jeunes ; quelques-uns commencent à laisser sortir les épis. Le riz est très verdoyant. Les touffes sont serrées. Il a été semé à la volée.
GH. Terres de moins en moins riches et de moins en moins humides ; le sol est maintenant presque sablonneux. On y cultive encore du mil, des pastèques, de l’indigotier, des melons, des niébés. Il n’y a plus de riz. Les trous creusés de 50 centimètres de profondeur contiennent de l’eau ; c’est le niveau d’eau du lac. La végétation cultivée commence à souffrir de la sécheresse.
HI. Petite pelouse de gazons verdoyants, courts, serrés, broutés par les troupeaux. La végétation est constituée par un petit Cyperus à tubercules et par la petite Graminée vivace trouvée sur les bords du marigot à Goundam. Ces deux plantes ont les racines traçantes, ce qui explique qu’elles restent très fraîches. D’ailleurs le sol est encore humide à une très faible profondeur.
IK. Premières dunes de sable. Le sol est encore complètement nu. Il n’y a pas trace de végétation arborescente. On y voit seulement quelques touffes de Talala. Le sol, dans cette zone, contient un grand nombre de coquilles trivalves nacrées. Beaucoup sont brisées. Quelques-unes sont encore recouvertes de la couche noire extérieure.
KL. Deuxième zone de dunes. Le sol est couvert de buissons de hiro. Il n’y a presque pas trace de végétation herbacée. Ce sable est jonché de petites coquilles de trois espèces (dont la cérithe).
LM. 3o zone des dunes. C’est la flore désertique principalement. Les Mimosas alternent avec les hiros. Le sol est mêlé souvent de débris de coquilles nacrées, trivalves de la zone IK. Les sables sont mobiles. Ils conservent plusieurs jours, quand il n’y a pas de tornades, l’empreinte des pas des animaux. La zone fertile cultivable AI a une épaisseur variable de 1 à 2 kilomètres. A N’Bouna, elle est bien plus étroite puisqu’elle n’a plus que quelques mètres d’étendue.