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Classiquesen Ligne

Ras-el-Mâ.

Ras-el-Mâ est situé en plein désert, loin de tout village. Le plus rapproché est N’Bouna qui se trouve à 50 kilomètres. Il y a des campements plus près. Le poste se trouve actuellement à 8 kilomètres du Faguibine. Au moment de sa création (début de 1895), le poste était situé au bord même du lac. Depuis cette époque, le Faguibine n’a presque pas monté aux hivernages. Il se dessèche de plus en plus et ses eaux sont croupissantes. Les caravanes sont obligées de venir à proximité des routes pour faire boire leurs troupeaux. Les indigènes disent que, dix ans avant la dernière inondation, il y eut déjà une grande crue. En dehors de ces deux inondations, la génération actuelle ne se souvient pas d’en avoir jamais vu des traces aussi importantes. Tout, dans les environs du poste, porte les empreintes de l’inondation de 1895. Le poste est situé à la limite des derniers arbres de la brousse. De là au lac s’étend une vaste plaine nue, couverte seulement de maigres végétaux herbacés. Cette plaine est jalonnée de troncs secs, décortiqués, d’Acacias et d’autres arbres qui ont été tués par l’inondation de 1895. Ces troncs sont en général assez bien conservés, les termites n’existant pas dans le pays. Certains de ces troncs ont jusqu’à 1 mètre de circonférence. A l’entrée du poste, existe une légère dépression dans laquelle passait l’eau du lac et où l’on pouvait se baigner. Il n’y a pas d’eau maintenant autre que celle des puits des environs.

La végétation est très peu avancée. Les bissos (Acacia arabica Willd), sont presque les seuls végétaux ligneux que l’on trouve dans cette région.

Les Foulfoulbés et Toucouleurs appellent cet arbre gaoudi. Diallo me raconte qu’on recueille également une gomme pour la vendre, mais qu’elle est bien moins bonne que celle de l’Acacia Verek que les Foulfoulbés appellent patouki. La gomme de gaoudi pour eux s’appelle griaqué. Ces bissos sont en général de belle taille. Les exemplaires dont le tronc dépasse la grosseur de la cuisse sont fréquents. Ils atteignent de 5 à 8 mètres de hauteur. Leurs branches sont souvent couvertes de la Loranthacée commune. J’ai encore remarqué quelques pieds de Balanites en fruits et quelques touffes du Verek. La végétation est moins avancée qu’à Tombouctou ; ainsi les bissos en fleurs sont actuellement très rares ici.

Les dunes sablonneuses sont constituées par des sables mobiles, couverts de rides, qui s’accumulent par endroits et enterrent presque complètement les plantes ou bien qui disparaissent, çà et là, mettant les racines des arbres à nu. Le poste menace à chaque instant d’être englouti sous les sables. Ceux-ci s’accumulent constamment au pied des cases. Il faut débarrasser la cour très souvent. Jeudi soir, une tornade assez forte avec pluie abondante s’abat. Le matin toute la végétation est poudreuse. Les pieds des bissos sont couverts de coussinets verts-noirâtres de Vaucheries terrestres. Des champignons polypores se sont développés au pied des troncs coupés des arbres.