Pout.
Jardin de la gare. — Les légumes et les arbres fruitiers y réussissent bien. Les légumes viennent plus beaux qu’en Corse, me dit le chef de gare. Ils réclament peu de soins. Il suffit de les arroser fréquemment, de couvrir les salades avec des tuiles, pour les faire blanchir. Le fruitier contient de beaux arbres plantés depuis une dizaine d’années : citronniers, orangers, pommiers d’acajou, papayers, corosoliers. Dans tout le village indigène, les papayers abondent. Ils sont ramifiés en ombelle au sommet. Une papaye vaut de 0 fr. 10 à 0 fr. 15 au détail. Au passage du train les enfants nègres viennent en offrir aux voyageurs. Les arbres fruitiers du jardin, malgré leur âge (une quinzaine d’années), sont arrosés souvent. En ce moment, les orangers et les citronniers sont chargés de fruits. Le pommier-cannelle a donné tous les siens. Les corosoliers en portent quelques-uns encore verts.
| Mission A. Chevalier, 1899-1900. | Sénégal-Soudan. |
Fig. 6. — Dakar. — Sacs d’arachides au moment de l’embarquement sur le Warf.
Le grand fléau des arbres fruitiers, quand ils sont jeunes, est le termite. Ce sont les termites qui s’opposent à l’introduction d’un grand nombre des arbres de France. A l’état adulte, les arbres fruitiers tropicaux sont fréquemment envahis par le Loranthus du pays, dont les graines gluantes sont transportées par les oiseaux (merles métalliques et autres). Dans le jardin de la gare, j’ai vu des Loranthus, sur les arbres cultivés suivants : l’oranger, le citronnier, le pommier-cannelle, le corosolier, le Ben ailé, le lilas de l’Inde (Melia Azedarach L.). Quand on se contente d’arracher les branches du Loranthus, il repousse très bien aux nœuds qui se forment à la hauteur de la pénétration des racines dans le tronc. La façon de végéter de ce parasite est tout à fait analogue à celle du gui (Viscum album L.) de notre zone tempérée.
Sur les bords de la ligne de chemins de fer croissent en haie vive le Manihot et le pourguère (Jatropha Curcas L.) qui servent de clôture. Dans d’autres parties de la voie, on utilise pour cet usage l’Euphorbe balsamique du pays ou Salane des Volofs (Euphorbia balsamifera Ait.). Dans le village, les pourguères sont très communs ; les grands Ipomæa rouges, à tiges épineuses, s’enlacent partout le long des clôtures des cases et retombent en guirlandes du plus gracieux effet.
| Mission A. Chevalier, 1899-1900. | Sénégal-Soudan. |
Fig. 7. — Gorée. — Rochers de basalte.