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Classiquesen Ligne

Environs de Pont-Marigot de la Tamna.

De nombreux Ficus se trouvent aux environs du village, notamment le dob (Ficus Vogeli Miq.) dont on a beaucoup parlé dans ces derniers temps comme producteur de caoutchouc. Il pousse souvent sur les autres arbres : Caïlcedrats, Baobabs ; tous les pieds sont entièrement couverts d’entailles qui se referment en ce moment ; les dobs portent un grand nombre de petits fruits jaunes commençant à mûrir, mais presque tous ces fruits ont à leur intérieur des vers qui dévorent les graines. C’est par le bouturage qu’il faudra surtout chercher à multiplier ces plantes.

Je trouve à acheter deux boules de caoutchouc dob ; c’est une substance rouge qui n’est ni élastique, ni nerveuse. Quand on la tire, elle se brise sans offrir de résistance et adhère légèrement aux doigts. Elle s’obtient par évaporation du latex. C’est, en somme, un caoutchouc très médiocre, et l’on est surpris de l’engouement qui l’accueillit lorsqu’il fut mis sur le marché de Liverpool en 1896. Les indigènes de Thiès, à qui on en a demandé répondent qu’ils ne peuvent le coaguler. On trouve encore le Keul (Ficus sp.), un Ficus voisin du F. Sycomorus et quelques autres espèces. Autour des jardins du village, on rencontre le grand Pignon d’Inde ou Pourghère (Jatropha Curcas L.), qui est très commun. C’est un reste de la culture rationnelle de cette plante qui fut tentée au Sénégal en 1863. Les Ipomæa à fleurs bleues sont communs dans les haies. Le Baobab abonde dans le pays ; par endroits, il a perdu ses feuilles ; au contraire, dans le marigot de la vallée de la Tamna, tous les baobabs sont encore verdoyants, ce qui montre bien que le stade de repos de la végétation au Sénégal est dû au manque d’eau et non à l’abaissement de la température.

Le kad et les neb-nebs (Acacia arabica Willd.) sont assez communs. Les Khaya sont abondants ; il y en a de très vieux ; ceux dont le tronc est renversé par les tornades sont brûlés pour faire du charbon de bois qui se vend sur les marchés de Saint-Louis et de Dakar. On cultive ici le papayer en abondance. Les potirons-courges sont aussi très communs dans le village ; il y en a de formes diverses ; les plus communs sont ovales, sans côtes ni couronne et à fleurs jaunes. Le kinkéliba (C. micranthum G. Don.) abonde partout avec un autre Combretum voisin qui a l’écorce roux-brunâtre. A 4 kilomètres du village, on rencontre un marigot encombré de plantes aquatiques (Pistia, Typha, Ceratophyllum). L’influence de la mer paraît encore s’y faire sentir, car, par place, il est bordé de Tamarix. D’ailleurs l’eau serait très légèrement saumâtre, bien que les chevaux et les indigènes la boivent.

Mission A. Chevalier, 1899-1900. Sénégal-Soudan.

(Cliché de M. Noal).

Fig. 8. — La place d’un village du Cayor plantée de Baobab (à gauche) et de Ben ailé (à droite).