Sinedone.
27 janvier. — Nous nous trouvons ici dans une grande forêt vierge ; la brousse est épaisse, les arbres très hauts sont enlacés de lianes formant des fourrés impénétrables. Le village portugais-créole se trouve sur les bords du fleuve (rive-gauche). Des groupes de cases sont enfouies dans des forêts de bananiers. A Niaboum, petit village à 2 kilomètres de Sinedone, j’observe des orangers paraissant sauvages, et une grande abondance de lianes à caoutchouc. Les Ananas sont comme naturalisés dans la forêt. Le gingembre et le thé de Gambie (Lippia adoensis Hoschst.) plantés autour de la concession Cousin y sont en pleine végétation. La maison d’habitation de la factorerie est un pavillon construit à Paris et monté pièce à pièce ici. De très beaux arbres ombragent les alentours. Les palmiers à huile, très abondants, ont jusqu’à 20 mètres de haut. Je remarque de grands fromagers, divers Ficus et des nétés. C’est là que j’observe aussi pour la première fois un splendide Alstonia, regardé à tort par les colons comme un arbre à gutta.