abbé Prévost
L'Abbé Prévost, de son nom complet Antoine François Prévost d'Exiles (1697-1763), mène une existence aussi mouvementée que romanesque, alternant à plusieurs reprises entre la vie militaire, la vie monastique bénédictine dont il rompt les vœux à plusieurs reprises, et l'exil en Angleterre et aux Pays-Bas où il mène une existence d'écrivain professionnel prolifique, traducteur infatigable et parfois même aventurier endetté contraint de fuir ses créanciers. Cette existence tumultueuse et cette connaissance directe des passions destructrices, du jeu et de la précarité matérielle nourrissent directement son chef-d'œuvre, Manon Lescaut, publié initialement comme épisode détaché au sein d'un roman-fleuve plus vaste, Mémoires et aventures d'un homme de qualité, avant de connaître une postérité et une renommée qui éclipseront totalement l'œuvre principale dont il n'était à l'origine qu'un simple épisode. Prévost est également un traducteur prolifique de romans anglais, notamment de Samuel Richardson dont il contribue à faire connaître l'œuvre en France, activité alimentaire qui occupe une large part de son existence d'écrivain professionnel devant constamment produire pour subvenir à ses besoins matériels. Réintégré finalement dans les ordres bénédictins après ses années d'errance et de scandale, l'abbé Prévost meurt d'une attaque d'apoplexie en 1763, laissant dans Manon Lescaut l'un des romans les plus durablement lus et adaptés de toute la littérature française du XVIIIe siècle sur la passion amoureuse destructrice.