Né en 1715 à Paris, dans une famille de médecins d'origine allemande dont le nom, Schweitzer, avait été francisé en Helvétius, Claude-Adrien Helvétius est d'abord destiné à une carrière dans les finances publiques et devient fermier général prospère, tout en fréquentant assidûment le cercle des philosophes des Lumières, se liant d'amitié avec Rousseau et Voltaire. Hôte fortuné et généreux des esprits les plus brillants de son temps, il se rend célèbre par la publication en 1758 de De l'esprit, ouvrage matérialiste qui pousse jusqu'au bout l'idée que chaque individu naît vierge de tout, une tabula rasa entièrement façonnée par son environnement — thèse d'un déterminisme radical qui scandalise à ce point qu'il doit se rétracter publiquement à trois reprises. Il meurt en 1771.