Né en 1880 à Beaugency, fils d'un meunier, Gaston Couté passe son enfance à Meung-sur-Loire, au cœur de la Beauce, et quitte l'école avant le baccalauréat qu'il détestait, avant de devenir commis auxiliaire à la Recette générale des impôts d'Orléans puis de travailler pour un journal local, Le Progrès du Loiret. Encouragé dans ses débuts, il monte à Paris en 1898, à dix-huit ans, où il devient poète libertaire et chansonnier, collaborant à des journaux anarchistes comme La Barricade et surtout La Guerre sociale, où il tient La Chanson de la semaine. Sa poésie antimilitariste et sociale, écrite dans une langue populaire mêlant argot et patois beauceron, dresse le portrait d'une paysannerie souvent oubliée par la littérature de son temps. Rongé par la tuberculose, l'absinthe et la misère, il meurt en 1911 à l'hôpital Lariboisière, à Paris, vingt-quatre heures après y avoir été admis.