Baptisé Henri-Joseph Laurent en 1719 à Douai, devenu moine sous la pression de sa famille, Dulaurens se fait rapidement remarquer par son esprit frondeur et son indiscipline. Défroqué, il publie Le Balai (1761), poème héroï-comique en dix-huit chants inspiré du Lutrin de Boileau et de La Pucelle de Voltaire, qui retrace les débats et les frasques d'un couvent. Pamphlétaire prolifique signant sous de nombreux pseudonymes, il publie également des essais critiques, notamment contre les jésuites, et son roman le plus connu, Le Compère Mathieu, ou les bigarrures de l'esprit humain. Sa satire Les Jésuites (1762), coécrite avec son ami Groubentall de Linière, le contraint à fuir en Hollande ; arrêté en 1765 après une imprudence de son libraire, il est condamné en 1767 par la Chambre ecclésiastique de Mayence à la prison à perpétuité. Il meurt fou en captivité en 1793, à Marienborn.