Né en 1752 à Pranzac, en Charente, dans une famille bourgeoise, Jacques Roux devient professeur au séminaire d'Angoulême puis curé dans le diocèse de Saintes. Adhérant avec enthousiasme à la Révolution, il est frappé d'interdit et révoqué pour avoir participé au pillage de châteaux en avril 1790, et s'installe à Paris, où il prête serment à la Constitution civile du clergé avant de renoncer définitivement à la prêtrise. Surnommé le « curé rouge », il devient avec Jean Varlet et Jean-Théophile Leclerc l'un des chefs des Enragés, mouvement de révolutionnaires radicaux apparu début 1793 en réaction à la crise économique et à la flambée des prix des denrées de première nécessité. À la tête des émeutes provoquées par cette crise, notamment celle du 25 février 1793, il estime que la Révolution doit profiter non au tiers état mais au quatrième état, critique la notion de propriété et multiplie les attaques contre les riches. Il se suicide le 10 février 1794 dans la prison de Bicêtre, avant de comparaître devant le Tribunal révolutionnaire.