Né en 1897 à Narbonne, fils d'un médecin qui installe son cabinet à Carcassonne en 1900, Joë Bousquet étudie un temps à Southampton, en Angleterre, avant de s'engager dans l'infanterie en 1916. Décoré de la croix de guerre, de la médaille militaire et de la Légion d'honneur, il est grièvement blessé le 27 mai 1918 lors de la troisième bataille de l'Aisne, à Vailly : une balle sectionne sa colonne vertébrale et le condamne à une paralysie totale et définitive. Installé en 1925 au 41 rue de Verdun à Carcassonne, dans une chambre aux volets presque toujours clos, il anime un cercle intellectuel avec des amis comme François-Paul Alibert, Claude-Louis Estève, René Nelli et Ferdinand Alquié, avec qui il entretient de longues discussions philosophiques. Considérant sa blessure non comme un simple accident de guerre mais comme un véritable destin qui façonne toute sa pensée et son œuvre, il laisse une importante production poétique. Il meurt en 1950 à Carcassonne.