Née en 1844 dans une riche famille juive, fille d'un banquier, Léontine Lippmann épouse Albert Arman, dont la mère, née Caillavet, leur fait adopter le nom d'Arman de Caillavet ; le couple a un fils, le futur dramaturge Gaston Arman de Caillavet. Belle dans sa jeunesse, aux yeux bleu clair, aux cheveux noirs et à la bouche moqueuse, intelligente, cultivée et parlant quatre langues, Madame Arman de Caillavet tient à partir de 1883 un salon littéraire très couru de la Troisième République en son hôtel particulier du 12 avenue Hoche, où elle reçoit chaque dimanche l'élite mondaine, intellectuelle et politique de son temps, installée dans une bergère à droite de la cheminée devant laquelle se tient Anatole France. Leur relation, entamée en 1888, devient une liaison passionnée et exclusive, souvent orageuse par la jalousie des deux amants, qui lui inspire Thaïs (1890) et Le Lys rouge (1894). Elle sert également de modèle à Proust pour le personnage de Madame Verdurin dans À la recherche du temps perdu. Elle meurt en 1910.