Né en 1872 à Paris dans une famille républicaine, peu après la Commune, Paul Langevin se distingue dès l'école primaire comme un élève extraordinairement doué et entre à seize ans à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, où il suit les cours de Pierre Curie. Une bourse lui permet en 1897 de travailler un an au Cavendish Laboratory de Cambridge ; il soutient en 1902 une thèse sur l'ionisation des gaz, devient professeur suppléant au Collège de France en 1903 puis titulaire de la chaire de physique générale et expérimentale en 1909, tout en succédant à Pierre Curie à l'École de physique et de chimie en 1905, dont il devient directeur des études en 1920 puis directeur en 1926. Physicien français connu pour sa théorie du magnétisme et l'organisation des congrès Solvay, il élabore l'interprétation moderne du paramagnétisme et du diamagnétisme en termes de spin électronique, ce qui lui vaut la médaille Hughes en 1915 et la médaille Copley en 1940. Cofondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes après les émeutes du 6 février 1934, il est arrêté et assigné à résidence surveillée par le gouvernement de Vichy durant l'essentiel de la Seconde Guerre mondiale en raison de son opposition publique au fascisme ; il adhère au Parti communiste en 1944 et préside la Ligue des droits de l'homme de 1944 à 1946. Il meurt en 1946 à Paris.