Né en 1736 à Reims, Simon-Nicolas-Henri Linguet fréquente le collège de Beauvais, où il remporte en 1751 les trois plus hautes récompenses. D'abord accueilli parmi les rangs des Philosophes, il passe bientôt dans le camp de leurs adversaires et s'attaque dès lors à tout ce qui passe pour moderne et éclairé. Avocat et journaliste français, sa rhétorique enflammée n'est pas toujours appréciée des tribunaux, ce qui lui vaut d'être radié du barreau en 1774 à la suite de l'affaire de la comtesse de Béthune contre le duc de Broglie ; il se reconvertit alors dans le journalisme, charmant la société de ses nombreux pamphlets à sensation tout en suscitant, par sa verve acerbe, la crainte et la haine de ses adversaires. Opposé aux philosophes, aux jansénistes, et surtout au libéralisme économique mis en œuvre par la Révolution, dont il dénonce avec virulence les conséquences pour les classes populaires, il est arrêté en septembre 1793 durant la Terreur, accusé d'avoir publié dans son journal des articles flatteurs afin d'obtenir des gratifications de monarques étrangers. Jugé et condamné, il est guillotiné le 27 juin 1794 à Paris.