Née en 1804 à Hambourg, fille de l'actrice Sophie Schröder et du ténor Friedrich Schröder, cousine au second degré du poète Johann Wolfgang von Goethe, Wilhelmine Schröder-Devrient débute sur scène à quinze ans dans le rôle d'Aricie, dans la traduction par Schiller de la Phèdre de Racine, avant d'être accueillie avec tant d'enthousiasme, à dix-sept ans, dans le rôle de Pamina de La Flûte enchantée de Mozart, que sa carrière lyrique s'en trouve assurée. Soprano allemande alliant une qualité de timbre rare à une intensité dramatique remarquable, aussi bien en concert qu'à l'opéra, elle contribue à établir une nouvelle forme d'art, le chant dramatisé, devenant un modèle en la matière. Mariée en 1823 à Karl Devrient, dont elle se sépare en 1828, elle se produit pour la première fois à Paris en 1830 puis à Londres en 1833 et 1837. Lorsque Fidelio est repris à Vienne en 1822, elle y chante le rôle de Leonore en présence de Beethoven, le 3 novembre 1822 ; elle crée plusieurs rôles pour Wagner, dont Adriano dans Rienzi, Senta dans Le Vaisseau fantôme et Vénus dans Tannhäuser. Elle meurt en 1860.