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Classiquesen Ligne
Marcel Proust
À l’ombre des jeunes filles en fleurs
MCMXIX
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Wikisource
XXe siècle · 1919

À l’ombre des jeunes filles en fleurs

1919Classique Français Classique
Amour

À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919), deuxième volume du cycle À la recherche du temps perdu qui vaut à Proust le prix Goncourt et sa consécration littéraire définitive, retrace l'adolescence du narrateur à travers ses amours contrariées pour Gilberte Swann, fille de Swann et d'Odette rencontrée dans le volume précédent, puis son séjour estival à Balbec, station balnéaire normande fictive où il fait la rencontre déterminante d'un groupe de jeunes filles en fleurs, dont la future Albertine Simonet qui deviendra la grande passion tourmentée du narrateur adulte dans les volumes ultérieurs du cycle. Proust y approfondit sa réflexion caractéristique sur l'écart irréductible entre le désir amoureux anticipé et la réalité vécue de l'être aimé, le narrateur idéalisant systématiquement chaque objet de son désir avant que la fréquentation réelle ne révèle inévitablement un écart désenchanteur entre l'image fantasmée et la personne réelle, mécanisme psychologique fondamental de toute l'œuvre proustienne sur les illusions et les désillusions inhérentes au désir humain. Le narrateur y fait également, à Balbec, la rencontre déterminante du peintre Elstir et de l'aristocrate raffiné Robert de Saint-Loup, personnages qui l'initient respectivement à une conception nouvelle et plus subtile de l'art et à l'univers aristocratique du faubourg Saint-Germain qu'il explorera plus longuement dans les volumes suivants du cycle. Par sa consécration du prix Goncourt et l'approfondissement de la réflexion proustienne sur le désir et l'illusion amoureuse, ce second volume confirme définitivement le génie littéraire exceptionnel de Marcel Proust. Le prix Goncourt attribué à Proust en décembre 1919, par six voix contre quatre à Roland Dorgelès pour Les Croix de bois, déclenche une violente polémique dans la presse, les anciens combattants et une partie de l'opinion publique jugeant scandaleux qu'un écrivain n'ayant pas connu le front soit préféré à un roman de guerre, controverse qui vaut à Proust d'être vilipendé pendant plusieurs semaines avant que le roman ne s'impose durablement comme un classique.