Scène IV.
Ah mon Dieu ! quel est ce bruit ?… qu’est-ce qui nous survient encore ?
C’est elle !… Elle arrive ! elle arrive !…
Mme la marquise ?
Tiens ! vois-tu ce carrosse ?… c’est ma femme !… Vois-tu ces deux grandes mules ?… c’est ma… non, je veux dire…
Oui, oui, je la vois ! elle descend !…
Et je ne suis pas là !… (Dans le plus grand trouble.) Holà ! mes laquais !… tous mes laquais !… où sont donc tous mes laquais ?… (Ils entrent.[3]) Ah ! les voici… Tous mes laquais, développez Vous sur un rang… les bras tendus, l’œil radieux, la bouche souriante… comme ceci, voyez… et un chœur à l’entrée de la marquise… quelque chose dans ce genre… (Chantant.)
Ou bien… (Chantant un autre air, plus haut.)
Ou bien encore… (Chantant très-haut.)
- Ah ! quel beau jour,
- Pour notre amour !
- Ah ! quel…
Mais la v’là !
Ah ! (Il sort précipitamment à droite.)
- Honneur à la jeune maîtresse
- Qui vient embellir ce séjour !
- Son rang, sa beauté, sa noblesse
- Tout commande ici notre amour.
- C’est bien… je respecte ton voile…
- Un nuage sur une étoile !…
- Ce soir, ô moment désiré !
- D’amour, de bonheur enivré,
- À tes genoux je tomberai,
- Et, tout bas, je dirai,
- Je dirai… je dirai…
- Turlurette,
- Ma tanturlurette !
- Un cuirassier, franc luron,
- Répétait à son tendron :
- — Viens dans le bois en cachette…
- Turlurette, (Bis.)
- Ma tanturlurette,
Mais non !… Qu’est-ce qu’on chante donc là ?… Ce n’est pas ça que j’allais dire !… ça n’a pas le moindre rapport !… (Honesta fait des gestes d’épouvante, en ramassant son voile sur sa figure.) Quel est le ténor qui se permet… ce refrain de caserne ?
C’est lui… mon mari… Pépito. Est-ce que vous n’aimez pas…
Cette canzonnette ? Beaucoup… mais à cause d’Honesta… (Criant.) Silence, Pépito !… je te défends d’évacuer une note de plus !… (À Honesta.) Viens, blanche colombe, viens prendre possession de ton nid… (Se retournant vers les valets.) Eh bien ?… ce chœur ? paresseux ! ce chœur ?… Qu’on l’entonne vigoureusement.
- Honneur à la jeune maîtresse, etc.
— Les valets le suivent.