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Cinna ou la Clémence d’AugusteScène IV.

Cinna ou la Clémence d’Auguste
Chapitre 8 / 24

Scène IV.

CINNA, ÉMILIE, ÉVANDRE, FULVIE.
ÉVANDRE.

Seigneur, César vous mande, et Maxime avec vous. 280

CINNA.

Et Maxime avec moi ? Le sais-tu bien, Évandre ?

ÉVANDRE.

Polyclète est encor chez vous à vous attendre,
Et fût venu lui-même avec moi vous chercher,
Si ma dextérité n’eût su l’en empêcher ;
Je vous en donne avis de peur d’une surprise.285
Il presse fort.

ÉMILIE.

Il presse fort.Mander les chefs de l’entreprise !
Tous deux ! en même temps ! Vous êtes découverts.

CINNA.

Espérons mieux, de grâce.

ÉMILIE.

Espérons mieux, de grâce.Ah ! Cinna ! je te perds !
Et les Dieux, obstinés à nous donner un maître,
Parmi tes vrais amis ont mêlé quelque traître. 290
Il n’en faut point douter, Auguste a tout appris.
Quoi ? tous deux ! et sitôt que le conseil est pris !

CINNA.

Je ne vous puis celer que son ordre m’étonne ;
Mais souvent il m’appelle auprès de sa personne ;
Maxime est comme moi de ses plus confidents, 295
Et nous nous alarmons peut-être en imprudents.

ÉMILIE.

Sois moins ingénieux à te tromper toi-même,
Cinna ; ne porte point mes maux jusqu’à l’extrême ;

Et puisque désormais tu ne peux me venger[35],
Dérobe au moins ta tête à ce mortel danger ;300
Fuis d’Auguste irrité l’implacable colère.
Je verse assez de pleurs pour la mort de mon père ;
N’aigris point ma douleur par un nouveau tourment,
Et ne me réduis point à pleurer mon amant[36].

CINNA.

Quoi ? sur l’illusion d’une terreur panique, 305
Trahir vos intérêts et la cause publique !
Par cette lâcheté moi-même m’accuser,
Et tout abandonner quand il faut tout oser !
Que feront nos amis, si vous êtes déçue ?

ÉMILIE.

Mais que deviendras-tu, si l’entreprise est sue ? 310

CINNA.

S’il est pour me trahir des esprits assez bas,
Ma vertu pour le moins ne me trahira pas :
Vous la verrez, brillante au bord des précipices,
Se couronner de gloire en bravant les supplices,
Rendre Auguste jaloux du sang qu’il répandra, 315
Et le faire trembler alors qu’il me perdra.
Je deviendrois suspect à tarder davantage.
Adieu, Raffermissez ce généreux courage.
S’il faut subir le coup d’un destin rigoureux,
Je mourrai tout ensemble heureux et malheureux : 320
Heureux pour vous servir de perdre ainsi la vie[37],
Malheureux de mourir sans vous avoir servie.

ÉMILIE.

Oui, va, n’écoute plus ma voix qui te retient :
Mon trouble se dissipe, et ma raison revient.

Pardonne à mon amour cette indigne foiblesse. 325
Tu voudrais fuir : en vain, Cinna, je le confesse,
Si tout est découvert, Auguste a su pourvoir
À ne te laisser pas ta fuite en ton pouvoir.
Porte, porte chez lui cette mâle assurance,
Digne de notre amour, digne de ta naissance ; 330
Meurs, s’il y faut mourir, en citoyen romain,
Et par un beau trépas couronne un beau dessein.
Ne crains pas qu’après toi rien ici me retienne :
Ta mort emportera mon âme vers la tienne ;
Et mon cœur aussitôt, percé des mêmes coups… 335

CINNA.

Ah ! souffrez que tout mort je vive encore en vous ;
Et du moins en mourant permettez que j’espère
Que vous saurez venger l’amant avec le père.
Rien n’est pour vous à craindre : aucun de nos amis[38]
Ne sait ni vos desseins, ni ce qui m’est promis ;340
Et, leur parlant tantôt des misères romaines,
Je leur ai tu la mort qui fait naître nos haines[39],
De peur que mon ardeur, touchant vos intérêts[40]
D’un si parfait amour ne trahît les secrets :
Il n’est su que d’Évandre et de votre Fulvie. 345

ÉMILIE.

Avec moins de frayeur, je vais donc chez Livie,
Puisque dans ton péril il me reste un moyen
De faire agir pour toi son crédit et le mien ;
Mais si mon amitié par là ne te délivre,
N’espère pas qu’enfin je veuille te survivre. 350

Je fais de ton destin des règles à mon sort,
Et j’obtiendrai ta vie, ou je suivrai ta mort.

CINNA.

Soyez en ma faveur moins cruelle à vous-même.

ÉMILIE.

Va-t’en, et souviens-toi seulement que je t’aime.

FIN DU PREMIER ACTE.
  1. L’édition originale a pour titre, comme nous l’avons dit dans la Notice, Cinna, ov la clemence d’Avgvste.
  2. Émilie ne se trouve pas sur le théâtre ; elle y entre au commencement de la pièce ; c’est Corneille qui nous l’apprend en ces termes dans le Discours des trois unités (tome I, p. 108 et 109) : « L’auditeur attend l’acteur ; et bien que le théâtre représente la chambre ou le cabinet de celui qui parle, il ne peut toutefois s’y montrer qu’il ne vienne de derrière la tapisserie, et il n’est pas toujours aisé de rendre raison de ce qu’il vient de faire en ville avant que de rentrer chez lui, puisque même quelquefois il est vraisemblable qu’il n’en est pas sorti. Je n’ai vu personne se scandaliser de voir Émilie commencer Cinna sans dire pourquoi elle vient dans sa chambre : elle est présumée y être avant que la pièce commence, et ce n’est que la nécessité de la représentation qui la fait sortir de derrière le théâtre pour y venir. » — Voyez sur ce monologue le Discours du poëme dramatique (tome I, p. 45). — « Plusieurs actrices, dit Voltaire, ont supprimé ce monologue dans les représentations. Le public même paraissait souhaiter ce retranchement… Cependant j’étais si touché des beautés répandues dans cette première scène, que j’engageai l’actrice qui jouait Émilie à la remettre au théâtre, et elle fut très-bien reçue. »
  3. Var. À qui la mort d’un père a donné la naissance. (1643-56)
    Var. Que d’un juste devoir soutient la violence. (1660).
  4. Var. Vous régnez sur mon âme avecque trop d’empire (a) :
    Var. Pour le moins un moment souffrez que je respire. (1643-56).
    (a) ce vers, par une erreur d’impression, a été omis dans l’édition de 1656.
  5. Var. Quand je regarde Auguste en son trône de gloire. (1643-56)
  6. Var. Quand il faut, pour le perdre, exposer mon amant. (1643-56)
  7. Var. Te demander son sang, c’est exposer le tien. (1643-56)
  8. Var. Peuvent dessus ton chef renverser l’entreprise,
    Porter sur toi les coups dont tu le veux frapper. (1643-56)
  9. Var. Il te peut, en tombant, accabler sous sa chute. (1643-56)
  10. Var. Et je tiens qu’il faut mettre au rang des grands malheurs
    La mort d’un ennemi qui nous coûte des pleurs.(1643-56)
  11. Var. Que cette passion dût être refroidie. (1643-56)
  12. Var. Ont encore besoin que vous parliez pour eux. (1643-56)
  13. « Ce sentiment atroce et ces beaux vers ont été imité par Racine dans Andromaque (acte IV, scène iv) :
    S’il ignore en mourant qMa vengeance est perdue
    S’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue. »
    (Voltaire.)
  14. Var. Quand je songe aux hasards que je lui fais courir. (1643-56)
  15. Sénèque a dit dans sa ive épître : Quisquis vitam contempsit, tuæ dominus est. « Quiconque méprise la vie est maître de la tienne. »
  16. Var. Des grandeurs du péril n’est-elle point troublée ? (1643-56)
  17. Var. Jamais de telle ardeur on ne jura sa mort. (1643-56)
  18. Var. Qu’ils semblent, comme moi, venger une maîtresse. (1643)
  19. Var. Vous eussiez vu leurs yeux s’allumer de fureur. (1643-56)
  20. On raconte que lorsque Michel Baron reparut au mois de mars 1720, à l’âge de soixante-huit ans, dans le rôle de Cinna, on le vit, dans la même minute, pâlir et rougir comme le vers l’indiquait. — Larive, dans son Cours de déclamation (tome II, p. 6), nie obstinément la possibilité du fait ; il semble toutefois que les comédiens du dix-septième siècle aient eu le secret de pâlir à volonté. Tallemant dit en parlant de Floridor (tome VII, p. 176) : « Il est toujours pâle, ainsi point de changement de visage. »
  21. Var. Où le but des soldats et des chefs les plus brave,
    C’étoit d’être vainqueurs pour devenir esclaves (a) ;
    Où chacun trahissoit, aux yeux de l’univers,
    Soi-même et son pays, pour assurer ses fers,
    Et tâchant d’acquérir avec le nom de traître
    L’abominable honneur de lui donner un maître. (1643-56)
    (a) Étoit d’être vainqueurs pour devenir esclaves. (1648-56)
  22. Var. De leur concorde affreuse, horrible, impitoyable. (1643-56).
  23. « Dufresne employa un jour une petite adresse qui produisit un grand effet. En commençant ce récit, il cacha derrière lui une de ses mains dans laquelle il tenait son casque surmonté d’un panache rouge ; et lorsqu’il fut arrivé à ces vers, il montra subitement le casque et le panage rouge ; et les agitant vivement, il sembla présenter aux spectateurs la tête et la chevelure sanglante dont il est question dans les vers de Corneille. Les spectateurs furent saisis de terreur : Dufresne avait réussi. Mais ces sortes de jeux de théâtre, fruits de la combinaison et du calcul, ne peuvent être répétés. » (Galeries historique des acteurs du théâtre françois, par Lemazurier, tome I, p. 510.)
  24. Var. Sans exprimer encore avecque tous ces traits (a). (1643-56)
    (a) Les éditions de 1652-56 portent, par erreur, ses traits, pour ces traits.
  25. Var. Ces illustres proscrits, ces demi-dieux mortels. (1643-56)
  26. Voltaire, dans l’édition de 1764, a remplacé « dans le trône » par « sur le trône »
  27. Var. Rendons toutefois grâce à la bonté céleste,
    Que de nos trois tyrans c’est le seul qui nous reste. (1643-56)
  28. Antoine et Lépide.
  29. C’est une allusion à une circonstance historique, à la dignité sacerdotale qu’Auguste avait conférée à Cinna : voyez ci-dessus, p. 374. Sénèque nous apprend aussi (voyez p. 373) que les conjurés voulaient attaquer Auguste pendant qu’il célèbrerait un sacrifice : Sacrificantem placuerat adoriri.
  30. On lit ayeuls dans l’édition de 1656.
  31. Var. César celui de (a) prince ou bien d’usurpateur. (1643-56)
    (a) L’édition de 1656 porte, par erreur, du prince, pour de prince.
  32. « Cette expression sublime : mourir tout entier, est prise du latin d’Horace (livre III, ode xxx, vers 6) non omnis moriar, et tout entier est plus énergique. Racine l’a imité dans sa belle pièce d’Iphigénie (acte I, scène iii) :
    Ne laisser aucun nom et mourir tout entier. »
    (Voltaire.)
    Pompée dit de même dans la Pharsale de Lucain (livre VIII, vers 266 et 267) :
    Emathiis cecidi,Non omnis in arvis
    Emathiis cecidi,
    « Je n’ai pas succombé tout entier dans les champs de l’Émathie. »
  33. Var. Ont-ils perdu celui de derniers des Romains ?
    Et sont-ils morts entiers avecque leurs desseins ? (1643-56)
  34. Var. Et que… Mais quel sujet mène Évandre vers nous ? (1643-56)
  35. Var. Et puisque désormais tu ne me peux venger. (1643-56)
  36. Var. Et ne lui permets point de m’ôter mon amant. (1643-56)
  37. Var. Heureux pour vous servir d’abandonner ma vie. (1643-56)
  38. Var. Dans un si grand péril vos jours sont assurés :
    Vos desseins ne sont sus d’aucun de conjurés ;
    Et décrivant tantôt les misères romaines. (1643-56)
  39. La mort de Torianus, père d’Émilie.
  40. Var. De peur que trop d’ardeur touchant vos intérêts
    Sur mon visage ému ne peignît nos secrets :
    Notre amour n’est connu que d’Évandre et Fulvie (1643-56)

  1. L’édition originale a pour titre, comme nous l’avons dit dans la Notice, Cinna, ov la clemence d’Avgvste.
  2. Émilie ne se trouve pas sur le théâtre ; elle y entre au commencement de la pièce ; c’est Corneille qui nous l’apprend en ces termes dans le Discours des trois unités (tome I, p. 108 et 109) : « L’auditeur attend l’acteur ; et bien que le théâtre représente la chambre ou le cabinet de celui qui parle, il ne peut toutefois s’y montrer qu’il ne vienne de derrière la tapisserie, et il n’est pas toujours aisé de rendre raison de ce qu’il vient de faire en ville avant que de rentrer chez lui, puisque même quelquefois il est vraisemblable qu’il n’en est pas sorti. Je n’ai vu personne se scandaliser de voir Émilie commencer Cinna sans dire pourquoi elle vient dans sa chambre : elle est présumée y être avant que la pièce commence, et ce n’est que la nécessité de la représentation qui la fait sortir de derrière le théâtre pour y venir. » — Voyez sur ce monologue le Discours du poëme dramatique (tome I, p. 45). — « Plusieurs actrices, dit Voltaire, ont supprimé ce monologue dans les représentations. Le public même paraissait souhaiter ce retranchement… Cependant j’étais si touché des beautés répandues dans cette première scène, que j’engageai l’actrice qui jouait Émilie à la remettre au théâtre, et elle fut très-bien reçue. »
  3. Var. À qui la mort d’un père a donné la naissance. (1643-56)
    Var. Que d’un juste devoir soutient la violence. (1660).
  4. Var. Vous régnez sur mon âme avecque trop d’empire (a) :
    Var. Pour le moins un moment souffrez que je respire. (1643-56).
    (a) ce vers, par une erreur d’impression, a été omis dans l’édition de 1656.
  5. Var. Quand je regarde Auguste en son trône de gloire. (1643-56)
  6. Var. Quand il faut, pour le perdre, exposer mon amant. (1643-56)
  7. Var. Te demander son sang, c’est exposer le tien. (1643-56)
  8. Var. Peuvent dessus ton chef renverser l’entreprise,
    Porter sur toi les coups dont tu le veux frapper. (1643-56)
  9. Var. Il te peut, en tombant, accabler sous sa chute. (1643-56)
  10. Var. Et je tiens qu’il faut mettre au rang des grands malheurs
    La mort d’un ennemi qui nous coûte des pleurs.(1643-56)
  11. Var. Que cette passion dût être refroidie. (1643-56)
  12. Var. Ont encore besoin que vous parliez pour eux. (1643-56)
  13. « Ce sentiment atroce et ces beaux vers ont été imité par Racine dans Andromaque (acte IV, scène iv) :
    S’il ignore en mourant qMa vengeance est perdue
    S’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue. »
    (Voltaire.)
  14. Var. Quand je songe aux hasards que je lui fais courir. (1643-56)
  15. Sénèque a dit dans sa ive épître : Quisquis vitam contempsit, tuæ dominus est. « Quiconque méprise la vie est maître de la tienne. »
  16. Var. Des grandeurs du péril n’est-elle point troublée ? (1643-56)
  17. Var. Jamais de telle ardeur on ne jura sa mort. (1643-56)
  18. Var. Qu’ils semblent, comme moi, venger une maîtresse. (1643)
  19. Var. Vous eussiez vu leurs yeux s’allumer de fureur. (1643-56)
  20. On raconte que lorsque Michel Baron reparut au mois de mars 1720, à l’âge de soixante-huit ans, dans le rôle de Cinna, on le vit, dans la même minute, pâlir et rougir comme le vers l’indiquait. — Larive, dans son Cours de déclamation (tome II, p. 6), nie obstinément la possibilité du fait ; il semble toutefois que les comédiens du dix-septième siècle aient eu le secret de pâlir à volonté. Tallemant dit en parlant de Floridor (tome VII, p. 176) : « Il est toujours pâle, ainsi point de changement de visage. »
  21. Var. Où le but des soldats et des chefs les plus brave,
    C’étoit d’être vainqueurs pour devenir esclaves (a) ;
    Où chacun trahissoit, aux yeux de l’univers,
    Soi-même et son pays, pour assurer ses fers,
    Et tâchant d’acquérir avec le nom de traître
    L’abominable honneur de lui donner un maître. (1643-56)
    (a) Étoit d’être vainqueurs pour devenir esclaves. (1648-56)
  22. Var. De leur concorde affreuse, horrible, impitoyable. (1643-56).
  23. « Dufresne employa un jour une petite adresse qui produisit un grand effet. En commençant ce récit, il cacha derrière lui une de ses mains dans laquelle il tenait son casque surmonté d’un panache rouge ; et lorsqu’il fut arrivé à ces vers, il montra subitement le casque et le panage rouge ; et les agitant vivement, il sembla présenter aux spectateurs la tête et la chevelure sanglante dont il est question dans les vers de Corneille. Les spectateurs furent saisis de terreur : Dufresne avait réussi. Mais ces sortes de jeux de théâtre, fruits de la combinaison et du calcul, ne peuvent être répétés. » (Galeries historique des acteurs du théâtre françois, par Lemazurier, tome I, p. 510.)
  24. Var. Sans exprimer encore avecque tous ces traits (a). (1643-56)
    (a) Les éditions de 1652-56 portent, par erreur, ses traits, pour ces traits.
  25. Var. Ces illustres proscrits, ces demi-dieux mortels. (1643-56)
  26. Voltaire, dans l’édition de 1764, a remplacé « dans le trône » par « sur le trône »
  27. Var. Rendons toutefois grâce à la bonté céleste,
    Que de nos trois tyrans c’est le seul qui nous reste. (1643-56)
  28. Antoine et Lépide.
  29. C’est une allusion à une circonstance historique, à la dignité sacerdotale qu’Auguste avait conférée à Cinna : voyez ci-dessus, p. 374. Sénèque nous apprend aussi (voyez p. 373) que les conjurés voulaient attaquer Auguste pendant qu’il célèbrerait un sacrifice : Sacrificantem placuerat adoriri.
  30. On lit ayeuls dans l’édition de 1656.
  31. Var. César celui de (a) prince ou bien d’usurpateur. (1643-56)
    (a) L’édition de 1656 porte, par erreur, du prince, pour de prince.
  32. « Cette expression sublime : mourir tout entier, est prise du latin d’Horace (livre III, ode xxx, vers 6) non omnis moriar, et tout entier est plus énergique. Racine l’a imité dans sa belle pièce d’Iphigénie (acte I, scène iii) :
    Ne laisser aucun nom et mourir tout entier. »
    (Voltaire.)
    Pompée dit de même dans la Pharsale de Lucain (livre VIII, vers 266 et 267) :
    Emathiis cecidi,Non omnis in arvis
    Emathiis cecidi,
    « Je n’ai pas succombé tout entier dans les champs de l’Émathie. »
  33. Var. Ont-ils perdu celui de derniers des Romains ?
    Et sont-ils morts entiers avecque leurs desseins ? (1643-56)
  34. Var. Et que… Mais quel sujet mène Évandre vers nous ? (1643-56)
  35. Var. Et puisque désormais tu ne me peux venger. (1643-56)
  36. Var. Et ne lui permets point de m’ôter mon amant. (1643-56)
  37. Var. Heureux pour vous servir d’abandonner ma vie. (1643-56)
  38. Var. Dans un si grand péril vos jours sont assurés :
    Vos desseins ne sont sus d’aucun de conjurés ;
    Et décrivant tantôt les misères romaines. (1643-56)
  39. La mort de Torianus, père d’Émilie.
  40. Var. De peur que trop d’ardeur touchant vos intérêts
    Sur mon visage ému ne peignît nos secrets :
    Notre amour n’est connu que d’Évandre et Fulvie (1643-56)