Cinna ou la Clémence d’Auguste — Scène II.
Scène II.
Quel est votre dessein après ces beaux discours ?
Le même que j’avois, et que j’aurai toujours.
Un chef de conjurés flatte la tyrannie !
Un chef de conjurés la veut voir impunie !
Je veux voir Rome libre.
Et vous pouvez juger
Que je veux l’affranchir ensemble et la venger.
Octave aura donc vu ses fureurs assouvies[41],
Pillé jusqu’aux autels, sacrifié nos vies,
Rempli les champs d’horreur, comblé Rome de morts,
Et sera quitte après pour l’effet d’un remords !
Quand le ciel par nos mains à le punir s’apprête,
Un lâche repentir garantira sa tête !
C’est trop semer d’appas[42], et c’est trop inviter
Par son impunité quelque autre à l’imiter.
Vengeons nos citoyens, et que sa peine étonne
Quiconque après sa mort aspire à la couronne.
Que le peuple aux tyrans ne soit plus exposé :
S’il eût puni Sylla, César eût moins osé.
Mais la mort de César, que vous trouvez si juste,
A servi de prétexte aux cruautés d’Auguste.
Voulant nous affranchir, Brute s’est abusé :
S’il n’eût puni César, Auguste eût moins osé.
La faute de Cassie, et ses terreurs paniques,
Ont fait rentrer l’État sous des lois tyranniques[43] ;
Mais nous ne verrons point de pareils accidents,
Lorsque Rome suivra des chefs moins imprudents.
Nous sommes encor loin de mettre en évidence
Si nous nous conduisons avec plus de prudence ;
Cependant c’en est peu que de n’accepter pas
Le bonheur qu’on recherche au péril du trépas.
C’en est encor bien moins, alors qu’on s’imagine
Guérir un mal si grand sans couper la racine ;
Employer la douceur à cette guérison,
C’est, en fermant la plaie, y verser du poison.
Vous la voulez sanglante, et la rendez douteuse.
Vous la voulez sans peine, et la rendez honteuse.
Pour sortir de ses fers jamais on ne rougit.
On en sort lâchement, si la vertu n’agit.
Jamais la liberté ne cesse d’être aimable ;
Et c’est toujours pour Rome un bien inestimable.
Ce ne peut être un bien qu’elle daigne estimer,
Quand il vient d’une main lasse de l’opprimer :
Elle a le cœur trop bon pour se voir avec joie
Le rebut du tyran dont elle fut la proie ;
Et tout ce que la gloire a de vrais partisans
Le hait trop puissamment pour aimer ses présents.
Donc pour vous Émilie est un objet de haine[44] ?
La recevoir de lui me seroit une gêne.
Mais quand j’aurai vengé Rome des maux soufferts,
Je saurai le braver jusque dans les enfers.
Oui, quand par son trépas je l’aurai méritée,
Je veux joindre à sa main ma main ensanglantée,
L’épouser sur sa cendre, et qu’après notre effort
Les présents du tyran soient le prix de sa mort.
Mais l’apparence, ami, que vous puissiez lui plaire,
Teint du sang de celui qu’elle aime comme un père ?
Car vous n’êtes pas homme à la violenter.
Ami, dans ce palais on peut nous écouter,
Et nous parlons peut-être avec trop d’imprudence
Dans un lieu si mal propre à notre confidence :
Sortons ; qu’en sûreté j’examine avec vous,
Pour en venir à bout, les moyens les plus doux.
- ↑ Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.
- ↑ « Fénelon, dans sa Lettre à l’Académie sur l’éloquence, dit : « Il me semble qu’on a donné souvent aux Romains un discours fastueux ; je ne trouve point de proportion entre l’emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie Cinna et la modeste simplicité avec laquelle Suétone le dépeint. » Il est vrai ; mais ne faut-il pas quelque chose de plus relevé sur le théâtre que dans Suétone ? Il y a un milieu à garder entre l’enflure et la simplicité. Il faut avouer que Corneille a quelquefois passé les bornes. L’archevêque de Cambrai avait d’autant plus raison de reprendre cette enflure vicieuse, que de son temps les comédiens chargeaient encore ce défaut par la plus ridicule affection dans l’habillement, dans la déclamation et dans les gestes. On voyait Auguste arriver avec la démarche d’un matamore, coiffé d’une perruque carrée qui descendait par devant jusqu’à la ceinture ; cette perruque était farcie de feuilles de laurier et surmontée d’un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges. Auguste, ainsi défiguré par des bateleurs gaulois sur un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange. Il se plaçait sur un énorme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Cinna étaient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage, et surtout Auguste ne manquait pas de regarder Cinna et Maxime du haut en bas avec un noble dédain, en prononçant ces vers :
Enfin tout ce qu’adore en ma haute fortune,
D’un courtisan flatteur la présence importune.
Il faisait bien sentir que c’était eux qu’il regardait comme des courtisans flatteurs. En effet, il n’y a rien dans le commencement de cette scène qui empêche que ces vers ne puissent être joués ainsi. Auguste n’a point encore parlé avec bonté, avec amitié, à Cinna et à Maxime ; il ne leur a encore parlé que de son pouvoir absolu sur la terre et sur l’onde. » (Voltaire.)
Différents en leur fin comme en leur procédé :
L’un, cruel et barbare, est mort aimé, tranquille. (1643-56) - ↑ Var. Cette grandeur sans borne et ce superbe rang. (1643-56)
- ↑ « Remarquez bien cette expression, disait Racine à son fils. On dit aspirer à monter ; mais il faut connoître le cœur humain aussi bien que Corneille l’a connu pour pouvoir dire de l’ambitieux qu’il aspire à descendre. » — Chaulmer écrivait en 1638, dans sa Mort de Pompée (acte I, scène i), ces vers qui, bien qu’ils contiennent une idée fort différente, ont une grande analogie d’expression avec ceux de notre poète :
Gardons la liberté de la chose publique,
Déjà presque soumise au pouvoir tyrannique
D’un enfant sans respect, ou d’un tigre plutôt
Qui sortant de son antre, ose aspirer si haut ;
Qu’il sache en se perdant que qui veut y prétendre,
Plus il cherche à monter, plus il trouve à descendre. - ↑ Var. Sylla s’en est démis, mon père l’a gardé,
- ↑ Voyez dans le livre II de Dion Cassus, chapitres i-xli, la délibération d’Auguste avec Agrippa et Mécène, et les longs discours de ses deux conseillers. Cinna ouvre ici le même avis que Mécène ; et Maxime le même qu’Agrippa.
- ↑ Var. Si vous laissant séduire à ces impressions,
Vous-même condamnez toutes vos actions. (1643-56) - ↑ Var. Lorsque notre valeur nous gagne une province,
Gouvernant justement, on devient juste prince. (1643-56) - ↑ Var. Mais sa mort vous fait peur ? Seigneur, les destinés
D’un soin bien plus exact veillent sur vos années. (1643-56) - ↑ Les éditions de 1652-56 portent :
L’empire où sa vertu l’a fait seul arriver. - ↑ Var. Par la même vertu la gloire est donc flétrie. (1643-56)
- ↑ Var. Si de ses plus hauts faits l’infamie est le prix ! (1643-56)
- ↑ Var. Mais ce n’est pas un crime indigne de pardon. (1643-56)
- ↑ L’édition de 1655 seule porte : « Il passe, » au singulier.
- ↑ Var. Quand nous avons pu vivre avecque plus de gloire. (1643-56)
- ↑ Var. Avecque jugement punit et récompense,
Ne précipite rien de peur d’un successeur,
[Et dispose de tout en juste possesseur.] (1643-56) - ↑ Var. Les magistrats donnés aux plus séditieux. (1643-56)
- ↑ Var. Dedans le champ d’autrui largement ils moissonnent. (1643-56)
- ↑ Var. Le pire des États est l’État populaire (a). (1643)
(a) Bossuet, dans son cinquième Avertissement aux protestants, a dit presque dans les mêmes termes : « L’État populaire, le pire de tous ; » et Cyrano de Bergerac, dans sa Lettre contre les frondeurs : « Le gouvernement populaire est le pire fléau dont Dieu afflige un État quand il veut le châtier. » Voyez les Notes sur la vie de Corneille, que M. Édouard Fournier a placées en tête de sa comédie de Corneille à la Butte Saint-Roch (p. cxx) - ↑ Var. Est une heureuse erreur dont elle est idolâtre,
Par qui le monde entier, rangé dessous ses lois. (1643-56) - ↑ L’édition de 1655 porte : « la monarchique. »
- ↑ Var. S’il est vrai que du ciel la prudence infinie. (1643-56)
- ↑ Var. Il est certain aussi que cet ordre des cieux. (1643-56)
- ↑ Var. Ce que tous ces consuls n’ont pu faire deux fois,
Et qu’a fait avant eux le second de ses rois (1643-56) - ↑ Var. De nous vendre bien cher les grands biens qu’ils nous font. (1643-56)
- ↑ Souvenir de Virgile (Énéide, livre II, vers 291 et 292) :
Si Pergama destra
Defendi possent, etiam hac defensa fuissent.
« Si Pergame (dit Hector) eût pu être défendu par la droite d’un guerrier, elle l’aurait été par celle-ci. » - ↑ Var. Et devoit cet honneur aux mânes d’un tel homme. (1643-56)
- ↑ Nec quemquam jam ferre potest, Cæsarve priorem,
Pompeiusve parem.
(Lucain, Pharsale, livre I, vers 125 et 126.)
« Et César ne peut plus souffrir de supérieur, ni Pompée d’égal. » - ↑ On a rapproché de ces vers la phrase suivante de Tacite (Annales, livre I, chapitre ix) : …non aliud discordantis patriæ remedium fuisse, quam ut ab uno regeretur, « il n’y eut pas d’autre remède pour la patrie en discorde que d’être gouvernée par un seul ; » et celle-ci de Florus (livre IV, chapitre iii) : Aliter salvus esse non potuit (populus romanus), nisi confugisset ad servitutem, « le peuple romain ne put être sauvé qu’en ayant recours à la servitude. »
- ↑ Var. Et si votre bonté la veut favoriser. (1643-56)
- ↑ Var. Que le malheur du temps ne nous eût pas fait voir. (1643 in-4o)
- ↑ C’est une flatterie semblable à celle que Lucain (Pharsale, livre I, vers 37 et 38) adresse à Néron :
Jam nihil, o Superi, querimur : scelera ipsa nefasque
Hac mercede placent.
« Nous ne nous plaignons plus de rien, ô Dieux : les forfaits mêmes et le crime nous plaisent à ce prix. » - ↑ Var. Conservez-vous, Seigneur, lui conservant un maître. (1643-56)
- ↑ Var. Et daignez assurer le bien commun de tous,
Laissant un successeur qui digne de vous. (1643-56) - ↑ Var. Je sais bien que vos cœurs n’ont point pour moi de fard. (1643-56)
- ↑ Var. Votre amour pour tous deux fait ce combat d’esprits. (1643-56)
- ↑ Var. Et je veux que chacun en reçoive le prix. (1643-56).
- ↑ Var. Vous n’êtes pas pour elle un homme à dédaigner. (1643-56)
- ↑ Var. Je présume plutôt qu’elle en sera ravie. (1643-56)
- ↑ Var. Adieu : j’en vais porter la nouvelle à Livie. (1643 in-4o)
- ↑ Var. Auguste aura soûlé ses damnables envies. (1643-56)
- ↑ Corneille ne distingue pas par l’orthographe appât (appâts) et appas, dont nous faisons deux mots. Il écrit appas dans tous les sens, tant au singulier qu’au pluriel.
- ↑ Var. Ont fait tomber l’État sous des lois tyranniques. (1643)
- ↑ Var. [Donc pour vous Émilie est un objet de haine,]
Et cette récompense est pour vous une peine ?
cinna. Oui, mais pour le braver jusque dans les enfers,
Quand nous aurons vengés Rome des maux soufferts,
Et que par son trépas je l’aurais méritée. (1643-60)
- ↑ Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.
- ↑ « Fénelon, dans sa Lettre à l’Académie sur l’éloquence, dit : « Il me semble qu’on a donné souvent aux Romains un discours fastueux ; je ne trouve point de proportion entre l’emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie Cinna et la modeste simplicité avec laquelle Suétone le dépeint. » Il est vrai ; mais ne faut-il pas quelque chose de plus relevé sur le théâtre que dans Suétone ? Il y a un milieu à garder entre l’enflure et la simplicité. Il faut avouer que Corneille a quelquefois passé les bornes. L’archevêque de Cambrai avait d’autant plus raison de reprendre cette enflure vicieuse, que de son temps les comédiens chargeaient encore ce défaut par la plus ridicule affection dans l’habillement, dans la déclamation et dans les gestes. On voyait Auguste arriver avec la démarche d’un matamore, coiffé d’une perruque carrée qui descendait par devant jusqu’à la ceinture ; cette perruque était farcie de feuilles de laurier et surmontée d’un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges. Auguste, ainsi défiguré par des bateleurs gaulois sur un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange. Il se plaçait sur un énorme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Cinna étaient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage, et surtout Auguste ne manquait pas de regarder Cinna et Maxime du haut en bas avec un noble dédain, en prononçant ces vers :
Enfin tout ce qu’adore en ma haute fortune,
D’un courtisan flatteur la présence importune.
Il faisait bien sentir que c’était eux qu’il regardait comme des courtisans flatteurs. En effet, il n’y a rien dans le commencement de cette scène qui empêche que ces vers ne puissent être joués ainsi. Auguste n’a point encore parlé avec bonté, avec amitié, à Cinna et à Maxime ; il ne leur a encore parlé que de son pouvoir absolu sur la terre et sur l’onde. » (Voltaire.)
Différents en leur fin comme en leur procédé :
L’un, cruel et barbare, est mort aimé, tranquille. (1643-56) - ↑ Var. Cette grandeur sans borne et ce superbe rang. (1643-56)
- ↑ « Remarquez bien cette expression, disait Racine à son fils. On dit aspirer à monter ; mais il faut connoître le cœur humain aussi bien que Corneille l’a connu pour pouvoir dire de l’ambitieux qu’il aspire à descendre. » — Chaulmer écrivait en 1638, dans sa Mort de Pompée (acte I, scène i), ces vers qui, bien qu’ils contiennent une idée fort différente, ont une grande analogie d’expression avec ceux de notre poète :
Gardons la liberté de la chose publique,
Déjà presque soumise au pouvoir tyrannique
D’un enfant sans respect, ou d’un tigre plutôt
Qui sortant de son antre, ose aspirer si haut ;
Qu’il sache en se perdant que qui veut y prétendre,
Plus il cherche à monter, plus il trouve à descendre. - ↑ Var. Sylla s’en est démis, mon père l’a gardé,
- ↑ Voyez dans le livre II de Dion Cassus, chapitres i-xli, la délibération d’Auguste avec Agrippa et Mécène, et les longs discours de ses deux conseillers. Cinna ouvre ici le même avis que Mécène ; et Maxime le même qu’Agrippa.
- ↑ Var. Si vous laissant séduire à ces impressions,
Vous-même condamnez toutes vos actions. (1643-56) - ↑ Var. Lorsque notre valeur nous gagne une province,
Gouvernant justement, on devient juste prince. (1643-56) - ↑ Var. Mais sa mort vous fait peur ? Seigneur, les destinés
D’un soin bien plus exact veillent sur vos années. (1643-56) - ↑ Les éditions de 1652-56 portent :
L’empire où sa vertu l’a fait seul arriver. - ↑ Var. Par la même vertu la gloire est donc flétrie. (1643-56)
- ↑ Var. Si de ses plus hauts faits l’infamie est le prix ! (1643-56)
- ↑ Var. Mais ce n’est pas un crime indigne de pardon. (1643-56)
- ↑ L’édition de 1655 seule porte : « Il passe, » au singulier.
- ↑ Var. Quand nous avons pu vivre avecque plus de gloire. (1643-56)
- ↑ Var. Avecque jugement punit et récompense,
Ne précipite rien de peur d’un successeur,
[Et dispose de tout en juste possesseur.] (1643-56) - ↑ Var. Les magistrats donnés aux plus séditieux. (1643-56)
- ↑ Var. Dedans le champ d’autrui largement ils moissonnent. (1643-56)
- ↑ Var. Le pire des États est l’État populaire (a). (1643)
(a) Bossuet, dans son cinquième Avertissement aux protestants, a dit presque dans les mêmes termes : « L’État populaire, le pire de tous ; » et Cyrano de Bergerac, dans sa Lettre contre les frondeurs : « Le gouvernement populaire est le pire fléau dont Dieu afflige un État quand il veut le châtier. » Voyez les Notes sur la vie de Corneille, que M. Édouard Fournier a placées en tête de sa comédie de Corneille à la Butte Saint-Roch (p. cxx) - ↑ Var. Est une heureuse erreur dont elle est idolâtre,
Par qui le monde entier, rangé dessous ses lois. (1643-56) - ↑ L’édition de 1655 porte : « la monarchique. »
- ↑ Var. S’il est vrai que du ciel la prudence infinie. (1643-56)
- ↑ Var. Il est certain aussi que cet ordre des cieux. (1643-56)
- ↑ Var. Ce que tous ces consuls n’ont pu faire deux fois,
Et qu’a fait avant eux le second de ses rois (1643-56) - ↑ Var. De nous vendre bien cher les grands biens qu’ils nous font. (1643-56)
- ↑ Souvenir de Virgile (Énéide, livre II, vers 291 et 292) :
Si Pergama destra
Defendi possent, etiam hac defensa fuissent.
« Si Pergame (dit Hector) eût pu être défendu par la droite d’un guerrier, elle l’aurait été par celle-ci. » - ↑ Var. Et devoit cet honneur aux mânes d’un tel homme. (1643-56)
- ↑ Nec quemquam jam ferre potest, Cæsarve priorem,
Pompeiusve parem.
(Lucain, Pharsale, livre I, vers 125 et 126.)
« Et César ne peut plus souffrir de supérieur, ni Pompée d’égal. » - ↑ On a rapproché de ces vers la phrase suivante de Tacite (Annales, livre I, chapitre ix) : …non aliud discordantis patriæ remedium fuisse, quam ut ab uno regeretur, « il n’y eut pas d’autre remède pour la patrie en discorde que d’être gouvernée par un seul ; » et celle-ci de Florus (livre IV, chapitre iii) : Aliter salvus esse non potuit (populus romanus), nisi confugisset ad servitutem, « le peuple romain ne put être sauvé qu’en ayant recours à la servitude. »
- ↑ Var. Et si votre bonté la veut favoriser. (1643-56)
- ↑ Var. Que le malheur du temps ne nous eût pas fait voir. (1643 in-4o)
- ↑ C’est une flatterie semblable à celle que Lucain (Pharsale, livre I, vers 37 et 38) adresse à Néron :
Jam nihil, o Superi, querimur : scelera ipsa nefasque
Hac mercede placent.
« Nous ne nous plaignons plus de rien, ô Dieux : les forfaits mêmes et le crime nous plaisent à ce prix. » - ↑ Var. Conservez-vous, Seigneur, lui conservant un maître. (1643-56)
- ↑ Var. Et daignez assurer le bien commun de tous,
Laissant un successeur qui digne de vous. (1643-56) - ↑ Var. Je sais bien que vos cœurs n’ont point pour moi de fard. (1643-56)
- ↑ Var. Votre amour pour tous deux fait ce combat d’esprits. (1643-56)
- ↑ Var. Et je veux que chacun en reçoive le prix. (1643-56).
- ↑ Var. Vous n’êtes pas pour elle un homme à dédaigner. (1643-56)
- ↑ Var. Je présume plutôt qu’elle en sera ravie. (1643-56)
- ↑ Var. Adieu : j’en vais porter la nouvelle à Livie. (1643 in-4o)
- ↑ Var. Auguste aura soûlé ses damnables envies. (1643-56)
- ↑ Corneille ne distingue pas par l’orthographe appât (appâts) et appas, dont nous faisons deux mots. Il écrit appas dans tous les sens, tant au singulier qu’au pluriel.
- ↑ Var. Ont fait tomber l’État sous des lois tyranniques. (1643)
- ↑ Var. [Donc pour vous Émilie est un objet de haine,]
Et cette récompense est pour vous une peine ?
cinna. Oui, mais pour le braver jusque dans les enfers,
Quand nous aurons vengés Rome des maux soufferts,
Et que par son trépas je l’aurais méritée. (1643-60)