Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne
Victor Hugo
L'homme Qui Rit
MDCCCLXIX
Télécharger gratuitement
Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1869

L'homme Qui Rit

1869Roman Français RomanRomantisme
Mer et voyages

L'Homme qui rit (1869) raconte le destin de Gwynplaine, enfant vendu et défiguré par des trafiquants d'enfants (les « comprachicos ») qui lui ont taillé un rictus permanent au visage, recueilli par le saltimbanque philosophe Ursus et devenu, sous ce masque grotesque, un phénomène de foire aussi célèbre que pitoyable, avant de découvrir tardivement qu'il est en réalité l'héritier légitime d'un lord anglais dépossédé de son titre. Victor Hugo y dénonce, à travers ce visage rieur qui masque une âme profondément digne et souffrante, l'aristocratie anglaise et l'injustice sociale qui réduit les plus vulnérables à des objets de moquerie publique, tout en développant une histoire d'amour d'une pureté bouleversante avec la jeune aveugle Dea, seule à voir en Gwynplaine autre chose que son masque figé. Roman gothique et social d'une noirceur visuelle saisissante, porté par la faconde du philosophe-loup Ursus et son compagnon le loup Homo, L'Homme qui rit inspirera directement, un demi-siècle plus tard, le personnage du Joker dans les comics Batman. Hugo y mène en parallèle une charge féroce contre l'aristocratie héréditaire anglaise, Gwynplaine, une fois son titre restauré et siégeant à la Chambre des Lords, prononçant devant ses pairs médusés un discours enflammé sur la misère du peuple qui le fait aussitôt chasser comme un bouffon indésirable, avant qu'il ne renonce définitivement à ce monde de privilèges pour retrouver Dea et la vie itinérante qu'il chérissait auprès d'elle. Ce roman, publié pendant l'exil politique de Hugo qui refuse alors tout compromis avec le régime impérial de Napoléon III, porte une charge sociale d'autant plus mordante qu'elle vise une monarchie étrangère pour mieux, en creux, dénoncer les privilèges héréditaires de toute noblesse, y compris française. Le nom même de Gwynplaine, son rictus permanent gravé au fer dans la chair, en a fait une figure durablement fascinante bien au-delà de la seule littérature française.