Scène XII
Voyons ! il n’y a pas un valet de pied pour faire porter ma lettre ?
Monsieur Corignon !
Monsieur Petypon ?
Ah ! monsieur, que je vous avertisse ! je crois que c’est mon devoir : la Môme… est ici !
Allons donc !
Comme je vous le dis !
Eh bien ! mon Dieu ! grand bien lui fasse.
Et çà ne vous effraie pas ?… Ah ! Dieu !… je voudrais la voir à cent lieues d’ici, moi !
Le ciel vous fera peut-être cette surprise !
Le ciel vous entende !
Mais je vous demande pardon, je suis un peu pressé… (Redescendant.) Oh ben ! puisque vous êtes là ! voulez-vous me rendre un petit service ?
Moi !
Je suis obligé de partir brusquement ; voulez-vous remettre cette lettre au général quand vous le verrez ?
Très volontiers !
Merci ! (Apercevant la Môme qui paraît, porte gauche, enveloppée dans une mante, la figure couverte d’un voile de dentelle. — S’élançant vers elle et à mi-voix.) Ah ! vous voilà ! partons !
Sapristi, Petypon ! (Elle se courbe comme une petite vieille et prenant le bras de Corignon, d’une voix tremblotante.) Au revoir, monsieur !
Au revoir, madame ! (À part, pendant qu’ils sortent par la terrasse, côté cour.) Sa grand’mère, sans doute !