Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne

Scène XII

PETYPON, puis CORIGNON, LA MÔME.
Corignon, l’air affairé, arrive de droite premier plan ; il tient une lettre à la main.

Voyons ! il n’y a pas un valet de pied pour faire porter ma lettre ?

Petypon (1), descendant.

Monsieur Corignon !

Corignon (2).

Monsieur Petypon ?

Petypon, comme Mongicourt précédemment.

Ah ! monsieur, que je vous avertisse ! je crois que c’est mon devoir : la Môme… est ici !

Corignon, souriant.

Allons donc !

Petypon.

Comme je vous le dis !

Corignon.

Eh bien ! mon Dieu ! grand bien lui fasse.

Petypon.

Et çà ne vous effraie pas ?… Ah ! Dieu !… je voudrais la voir à cent lieues d’ici, moi !

Corignon, sur un ton énigmatique.

Le ciel vous fera peut-être cette surprise !

Petypon.

Le ciel vous entende !

Corignon, remontant, en cherchant des yeux.

Mais je vous demande pardon, je suis un peu pressé… (Redescendant.) Oh ben ! puisque vous êtes là ! voulez-vous me rendre un petit service ?

Petypon.

Moi !

Corignon.

Je suis obligé de partir brusquement ; voulez-vous remettre cette lettre au général quand vous le verrez ?

Petypon (2), prenant la lettre et redescendant extrême droite.

Très volontiers !

Corignon (1).

Merci ! (Apercevant la Môme qui paraît, porte gauche, enveloppée dans une mante, la figure couverte d’un voile de dentelle. — S’élançant vers elle et à mi-voix.) Ah ! vous voilà ! partons !

Il lui offre le bras droit.
La Môme, reconnaissant Petypon qui à ce moment se retourne de son côté.

Sapristi, Petypon ! (Elle se courbe comme une petite vieille et prenant le bras de Corignon, d’une voix tremblotante.) Au revoir, monsieur !

Petypon, s’inclinant.

Au revoir, madame ! (À part, pendant qu’ils sortent par la terrasse, côté cour.) Sa grand’mère, sans doute !