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Classiquesen Ligne

Scène XIV

PETYPON, GABRIELLE, puis LE GÉNÉRAL, puis MONGICOURT.
Gabrielle, apercevant son mari.

Ah ! Lucien !

Petypon (1), descendant.

Nom d’un chien ! La v’là revenue !

Gabrielle (2), courant à lui.

Toi ! toi ici !

Petypon.

Oui ! Oui ! je t’expliquerai !…

Gabrielle, haletante.

Ah ! Lucien ! Lucien ! ne me quitte pas ! sauve-moi ! le château est possédé du démon !

Petypon, la poussant vers la sortie (terrasse baie du milieu.)

Ben oui ! Ben oui ! Calme-toi ! là ! nous allons partir ! va devant ! va devant ! (Arrivé à la baie, apercevant le général revenant côté droit terrasse.) Nom d’un chien ! le général !

Instinctivement, il donne à sa femme une dernière poussée qui l’envoie près du buffet, en même temps qu’il descend jusque devant le piano.
Le Général, descendant carrément.

Ça y est ! ils sont partis ! (À Petypon.) Lucien, madame Petypon est une drôlesse !

Gabrielle (3), bondissant.

Qu’est-ce qu’il a dit ? (Elle descend vers le général, le saisit par l’arrière-bras de façon à lui faire faire demi-tour face à elle et, prenant du champ, lui envoie un soufflet retentissant. Tiens !

Le Général (2), se cabrant au soufflet.

Mille tonnerres !

Petypon (1), comme s’il avait reçu le soufflet lui-même.

Oh !

Gabrielle, remontant.

Ah ! madame Petypon est une drôlesse !

Elle sort furieuse par la porte premier plan droit.
Le Général, traversant la scène et gagnant l’extrême droite.

Mort de ma vie ! C’est la première fois qu’une femme ose porter la main sur moi pour un pareil motif !

Mongicourt (2), qui a apparu à gauche sur la terrasse sur ces derniers mots, apercevant le général et descendant à lui, la bouche enfarinée.

Ah ! vous voilà, général ! Je vous cherchais !

Le Général (3).

Ah ! vous arrivez bien, monsieur !… vous êtes responsable des actes de votre femme : V’lan !

Il lui applique un soufflet retentissant qui l’envoie tomber sur la chaise près du piano.
Mongicourt, s’affalant sur la chaise.

Oh !

Le Général.

Je suis à vos ordres, monsieur ! (À Petypon, tout en remontant vers la terrasse d’un pas accéléré.) Viens, toi ! courons après eux !

Petypon, passant dans un mouvement arrondi devant Mongicourt pour courir à la suite du général. À Mongicourt, tout en passant.

Oh ! ça se gâte !… ça se gâte !…


Il sort vivement, tandis que Mongicourt reste à se frotter la joue d’un air abruti.
Rideau.
  1. Pour la musique, chœur des enfants, le quadrille, la farandole, ainsi que pour la chanson de « Marmitte à Saint-Lazare », s’adresser à la maison d’édition G. Ondet, 83, faubourg Saint-Denis, Paris. Il est interdit de substituer une autre musique à celle-ci qui a été écrite spécialement pour la pièce.
  2. Pour la cloche et sa gaine s’adresser à la maison Bérard, 8, rue de la Michodière, Paris
  3. La Môme, au centre du groupe, devant le buffet. Autour d’elle, un peu au-dessus, mesdames Hautignol (1), Ponant (2), Virette (3) ; Claux (4), tout près du buffet. La baronne est à l’extrémité droite du buffet, de l’autre côté duquel est Émile et un valet servant des rafraichissements. Clémentine est un peu à l’écart, entre mesdames Hautignol et Ponant. Petypon est entre la bergère où est assise la duchesse et le buffet. On le sent sur le qui-vive.
  4. À modifier au fur et à mesure des transformations des modes.
  5. Même observation.
  6. Tout ce dialogue est à modifier au fur et à mesure de la transformation des modes et en tenant compte de la toilette adoptée par l'artiste jouant la Môme. Bien entendu ce sont les toilettes dont certaines dames se plaignent qui seront précisément à la mode du moment, alors que celle qu’elles envient à la Môme sera de pure excentricité.
  7. Madame Ponant (1), madame Hautignol (2), madame Claux (3), madame Virette (4) devant le piano. Guérissac, Chamerot, la baronne au fond près du buffet. Petypon, la Môme, Clémentine près du buffet côté droit. Général assis face duchesse, près abbé.
  8. Tout le récit de madame Claux devra, chaque fois qu'on reprendra la pièce, être modifié, en tenant compte de la transformation des modes comme aussi de la toilette adoptée par l’artiste jouant la Môme.
  9. Le général (3), madame Vidauban (1), Vidauban (2) au-dessus.
  10. Devant le buffet, premier plan, la Môme, au-dessus le général, au-dessus Petypon face à la Môme, à gauche madame Vidauban, au-dessus Vidauban.
  11. Mesdames Hautignol (1) et Ponant (2) viennent s'asseoir sur les chaises près du piano, Virette et Claux se tiennent debout au-dessus du piano. Chamerot au coin du clavier (côté lointain) cause avec ces dernières, tandis que Guérissac, devant le clavier côté public, bavarde avec les premières.
  12. Le Sous-Préfet (1) et Madame Sauvarel (2) au milieu de la scène. Devant le buffet Clémentine (1), le Général (2), la Môme (3), Petypon (4).
  13. Pour les théâtres qui n’auraient pas de plafond peint pour leur décor, remplacer le plafond par un tableau, ou alors remplacer le texte par le suivant : « Oh ! ici, il n’y a rien. Mais dans la salle à côté, j’ai un plafond de Fragonard. — Ah ! mes compliments. De quelle époque ? », etc.
  14. À ce moment Guérissac, qui causait, assis avec le groupe de dames, Virette, Sauvarel, Ponant, se lève, offre son bras à madame Virette, tandis que de la main gauche, tout en causant, il écarte sa chaise qui gênait le passage, et la place ainsi au milieu de la scène ; puis toujours avec madame Virette à son bras, remonte jusqu’au buffet.
  15. Guérissac redescend du buffet avec madame Virette, la reconduit à sa place, puis remonte près de Chamerot, au-dessus du piano.
  16. Mesdames Hautignol et Ponant se lèvent et, tout en bavardant, se dirigent vers le buffet.
  17. À gauche, le long du côté droit du piano, Mesdames Claux (1), Ponant (2), la Baronne (3), Mesdames Vidauban (4), Hautignol (5). Au milieu, Chamerot (1), Guérissac (2), général (3). Près du buffet, l'abbé, Madame Sauvarel, Vidauban.
  18. Mesdames Claux (1) et Chamerot (2), extrême gauche ; Guérissac (3), appuyé contre la partie cintrée du piano ; madame Hautignol (4), assise, ainsi que madame Ponant (5), madame Virette (6), madame Sauvarel (7) ; Gabrielle (8), derrière la chaise du milieu ; Général (9), à droite assis ; madame Vidauban (10), Vidauban (11), Duchesse (12) ; au fond, au-dessus piano : l'abbé, le sous-préfet ; à droite au buffet : la baronne, invités, Émile.
  19. Gabrielle (3) au milieu de la scène, Émile (2), le général (1) près des dames de gauche.
  20. M. Tournoy (1), madame Tournoy (2), Galos, contre console droite (3), le général (4).
  21. Clémentine va s'asseoir auprès de madame Vidauban qui cause avec la duchesse.
  22. M. et madame Sauvarel remontent sur la terrasse où sont déjà quelques invités.
  23. La Môme (1) et Petypon (2) devant la caisse du piano. Au-dessus du piano, le duc (3). À droite du piano, le général (4), l’abbé (5). À droite de la scène, près du buffet, les invités hommes et femmes. Avant-scène droite, madame Vidauban, debout, causant avec la duchesse assise sur la bergère.
  24. Note de l’auteur. — Ayant remarqué que beaucoup d’interprètes ont tendance à chanter la romance ci-dessus bien plus face au public que face aux invités, je leur ferai observer qu’en ce faisant elles commettent un véritable non sens au détriment de la situation. La Môme, à ce moment, est censée chanter pour les invités du général, donc elle doit leur faire face et ne pas descendre à l’avant-scène comme le bon sens l’indique. Je compte sur les artistes qui interpréteront ce rôle pour prendre en considération cette observation. Lorsque j’aurai affaire à une cabotine, bien entendu, je l’autorise à agir au mieux de ses intérêts.
  25. Prononcer « meuchant ».
  26. Prononcer : « Deuxiè… meustrophe ! »
  27. Pendant la scène qui suit des groupes se forment au fond et on se prépare à danser. Toutes les chaises, aussitôt la fin de la romance ont d'ailleurs été enlevées et rangées contre la balustrade de la terrasse par les domestiques, aidés par quelques invités. Il ne reste en scène que la bergère et une chaise dans le cintre du piano, indépendemment de la chaise sur laquelle est assis Petypon, avant-scène gauche, et de la chaise de la Môme près du tabouret du piano.
  28. La scène est dans l’obscurité. Seule la terrasse est éclairée par un rayon de lune qui doit être dirigé de telle sorte qu’il vienne frapper la porte de droite premier plan. Éteindre les portants qui éclairent la découverte côté cour, de façon à avoir la nuit en coulisse quand on ouvre la porte de droite.
  29. Toute cette scène, ainsi que la scène finale, doit être jouée par le général dans un mouvement d’enfer et sur un diapason à tout casser.