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Classiquesen Ligne
William Shakespeare
La Tempête
MDCX
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XVIIe siècle · 1610

La Tempête

1610Théâtre Français Théâtre
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La Tempête (1611), généralement considérée comme la dernière pièce entièrement écrite par Shakespeare avant sa retraite, raconte comment Prospero, ancien duc de Milan usurpé de son trône par son propre frère Antonio et exilé depuis douze ans sur une île déserte avec sa fille Miranda, provoque par ses pouvoirs magiques une tempête qui fait naufrager sur son île le navire transportant précisément son frère usurpateur et ses complices, lui offrant enfin l'occasion tant attendue de se venger de la trahison qui l'a autrefois dépouillé de son pouvoir et de son royaume. Prospero, aidé de l'esprit aérien Ariel qu'il a libéré d'un emprisonnement magique et du monstrueux Caliban, créature autochtone de l'île qu'il a asservie et dont la relation avec son maître illustre une réflexion complexe sur la colonisation et l'esclavage, orchestre méthodiquement une série d'épreuves et d'illusions magiques destinées à amener ses ennemis au repentir plutôt qu'à la simple vengeance destructrice, choisissant finalement, dans un geste de sagesse et de pardon caractéristique de cette dernière œuvre shakespearienne, la clémence et la réconciliation plutôt que la vengeance implacable. Shakespeare y développe, à travers ce personnage de magicien qui renonce finalement à ses pouvoirs surnaturels dans un discours d'adieu souvent interprété comme un adieu symbolique de l'auteur lui-même à son art théâtral, une méditation sereine et testamentaire sur le pardon, la réconciliation et le pouvoir transformateur de l'art et de l'illusion théâtrale. Par sa tonalité apaisée et sa réflexion sur le pardon, cette pièce offre une conclusion sereine et testamentaire à l'ensemble de l'œuvre dramatique de Shakespeare. Certains critiques ont vu dans le personnage de Caliban, dont le nom est une quasi-anagramme de « cannibale », une réflexion précoce et ambiguë de Shakespeare sur les rapports entre colons européens et populations autochtones, à une époque où les premières colonies anglaises s'installaient tout juste en Amérique.