§ 2. — L’évolution des dieux.
Les dieux ne sont pas éternels, ils subissent, eux aussi, les lois du temps et disparaissent ou se transforment suivant l’évolution des besoins et des sentiments qui les firent naître.
Leur sort dépend en grande partie du degré de fixité des dogmes imposés par les livres religieux. Quand ces dogmes ne sont pas très stables, les divinités se transforment sans disparaître tout à fait. Trop stabilisée, la croyance, incapable d’évoluer, périt lentement sous l’action du temps.
Le bouddhisme en Asie, le protestantisme en Europe et en Amérique, constituent des exemples de religions peu à peu transformées. Le catholicisme et l’islamisme présentent au contraire des types de religions que la fixité de leurs dogmes empêche de se modifier et par conséquent de s’adapter à de nouveaux besoins.
Le succès du protestantisme, l’échec du modernisme, vont permettre d’illustrer clairement l’observation précédente.
Le cas du protestantisme est très caractéristique. Il montre qu’une religion qui ne se trouve pas trop enfermée dans les dogmes arrive facilement à se modifier. Alors que le catholicisme fit de vains efforts pour s’adapter aux tendances de l’âge moderne, le protestantisme ayant su évoluer avec ces tendances, engendra des religions fort diverses puisqu’elles vont depuis une sorte de catholicisme sans pape jusqu’aux négations les plus nettes de la libre pensée.