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§ 4. — Les tentatives d’évolution du catholicisme. Le modernisme.

Le catholicisme, avec ses pompes et ses cérémonies, conservera toujours beaucoup plus de prestige sur l’âme populaire que le protestantisme. Immobilisé, malheureusement, par la fixité de ses dogmes il rentre dans la catégorie mentionnée plus haut des religions destinées à périr lentement sans pouvoir évoluer.

Convenant aux besoins des peuples demi-barbares du Moyen Age, l’ancien catholicisme ne s’adapte plus à la mentalité des hommes d’aujourd’hui.

Comment faire admettre, en effet, à un esprit moderne, l’existence d’un Dieu assez vindicatif pour punir la désobéissance du premier homme par la damnation de sa postérité et venger par la mort de son propre Fils une faible faute ?

Les dieux animés de nos passions et de nos fureurs, prenant parti dans les batailles, menaçant leurs créatures d’effroyables supplices pendant l’éternité, avides de sacrifices et d’adoration, modifiant le cours des choses au gré de nos prières et intervenant dans chacun de nos actes, étaient adaptés à la jeunesse des peuples ; mais la science les a rendus trop invraisemblables pour que les esprits modernes puissent s’occuper d’eux.

Bien que le poids d’hérédités séculaires soutienne encore leur prestige, la parole du prêtre est de moins en moins entendue et lui-même arrive parfois à douter de ce qu’il enseigne. Les pieuses légendes des vitraux ne lui disent plus rien. Le scepticisme effleure sa pensée et il cherche un autre idéal pour l’orienter.

Des catholiques dont la foi chancelait essayèrent au moyen du modernisme, d’adapter leur religion aux temps nouveaux. Le but de cette doctrine était, on le sait, de rendre acceptables pour la raison les dogmes chrétiens en les considérant comme de simples symboles. Son succès fut d’abord très grand. Prêtres, étudiants, évêques même, y adhéraient rapidement. Pour refréner ce mouvement, le chef de l’Église en fut réduit à imposer, par une encyclique spéciale aux fidèles aspirant à faire partie du clergé, un serment ecclésiastique rejetant toutes les idées nouvelles.

Il eut peut-être raison. Le modernisme victorieux fût vite devenu une religion très voisine du protestantisme libéral et bientôt en lutte contre la foi ancienne.

L’acceptation du modernisme par l’Église ne lui aurait certainement pas amené de nouveaux fidèles. Quand un croyant discute sa foi c’est que, d’une façon consciente ou inconsciente il l’a déjà perdue. Peu importe à un vrai convaincu l’absurdité des dogmes, il ne la soupçonne même pas. Foi et raison n’habitent pas la même demeure.