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Classiquesen Ligne
Victor Hugo
Le Dernier Jour d'un Condamné
MDCCCXXIX
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
XIXe siècle · 1829

Le Dernier Jour d'un Condamné

1829Roman Français RomanRomantisme
MortJustice

Le Dernier Jour d'un condamné (1829) est le grand plaidoyer littéraire de Victor Hugo contre la peine de mort, écrit sous la forme du journal intime tenu par un condamné anonyme durant les six dernières semaines avant son exécution. Sans jamais révéler l'identité du narrateur ni la nature de son crime — un choix délibéré de Hugo, qui refuse de laisser le lecteur juger l'homme plutôt que la peine elle-même —, le texte fait ressentir de l'intérieur l'angoisse physique et psychologique de l'attente programmée de la mort : le compte à rebours des heures, le transfert vers la prison de Bicêtre, la vision de la guillotine dressée en place publique, les derniers adieux à sa fille. Court et d'une intensité rare, rédigé dans un style haletant et fragmenté qui épouse le désordre mental du condamné, le texte fait scandale dès sa parution anonyme, avant que Hugo n'en assume la préface dans les éditions suivantes pour expliciter son intention abolitionniste. Il reste depuis une référence incontournable du débat sur la peine capitale en France, cité aussi bien par Victor Hugo lui-même dans ses discours politiques que par les abolitionnistes du XXe siècle, et il est aujourd'hui encore étudié au collège et au lycée pour la force de sa forme narrative autant que pour la puissance de son engagement humaniste. Ce texte précurseur, salué plus tard par Dostoïevski et repris dans son esprit par Camus dans sa propre Réflexion sur la guillotine, a durablement marqué la littérature engagée contre la peine capitale, Hugo y expérimentant pour la première fois de sa carrière la forme du monologue intérieur poussé à son degré le plus intense. Hugo y ajoute en 1832 une longue préface polémique où il plaide ouvertement et sans détour pour l'abolition pure et simple de la peine de mort. Ce court récit reste, plus de deux siècles après sa parution, l'un des textes français les plus traduits sur cette question.