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Classiquesen Ligne
William Shakespeare
Le roi Lear
MDLXXXVI
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Project Gutenberg
Renaissance · 1586

Le roi Lear

1586Théâtre Français Théâtre
PolitiqueFamilleJustice

Le Roi Lear (vers 1605) raconte comment le vieux roi Lear, souhaitant se retirer du pouvoir en divisant son royaume entre ses trois filles selon l'intensité des déclarations d'amour filial que chacune lui adresse publiquement, se laisse aveugler par les flatteries hypocrites et exagérées de ses deux filles aînées Goneril et Régane, tandis qu'il bannit injustement et par colère sa fille cadette Cordélia dont l'amour sincère mais pudique et sans flatterie excessive lui déplaît sur le moment, erreur de jugement tragique qui précipite sa propre déchéance et sa descente progressive dans la folie lorsque ses deux filles aînées, une fois le pouvoir obtenu, le dépouillent méthodiquement de tous ses privilèges et le rejettent avec une ingratitude et une cruauté croissantes. Shakespeare y développe une tragédie d'une noirceur et d'une ampleur philosophique exceptionnelles sur l'ingratitude filiale, la vanité du pouvoir temporel et la folie comme révélatrice paradoxale d'une lucidité supérieure sur la nature humaine, Lear errant dans la tempête et sombrant dans la démence tout en gagnant simultanément, à travers cette déchéance même, une compréhension plus profonde de la souffrance humaine et de l'injustice sociale qu'il n'avait jamais perçue durant son règne. La tragédie s'achève sur un dénouement d'une noirceur absolue où périssent presque tous les personnages principaux, y compris Cordélia elle-même, revenue trop tard secourir son père, dont la mort brise définitivement le vieux roi déjà anéanti par ses erreurs passées. Considérée comme l'une des tragédies les plus philosophiquement profondes et les plus désespérées de tout le répertoire shakespearien, Le Roi Lear demeure une méditation bouleversante sur la vieillesse, le pouvoir et l'ingratitude. La pièce reste inspirée d'une légende celtique préchrétienne, mais Shakespeare y introduit un dénouement bien plus sombre que ses sources, notamment la mort de Cordélia, que certaines adaptations du XVIIe et du XVIIIe siècle, jugeant la conclusion originale insoutenable, réécriront avec une fin heureuse avant que le texte authentique ne soit restauré au XIXe siècle.