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Classiquesen Ligne

SECTION XV.  Des coupes, profils, élévations & façades, tant des bâtimens civils que des ouvrages de fortification, & autres. Pl. 8. 9. 11. & 13.

PREMIEREMENT DES COUPES.

1. DANS les coupes des ouvrages & des bâtimens, tant dans l’Architecture civile que dans la militaire, les endroits privés de lumiere, comme le fond des chambres, des greniers & des caves & autres souterreins, se lavent d’une teinte unie d’encre de la Chine, (Sect. 3. art. 8.) laquelle doit être d’autant plus forte, que ces fonds sont plus reculés, en épargnant l’épaisseur des murs & des cloisons de charpente & de planches, ainsi que toute la charpente du comble du bâtiment, lesquelles cloisons & charpentes seront lavées selon qu’il conviendra à ces natures d’ouvrages (Sect. 3. art. 2.) Ainsi dans la coupe d’un bâtiment, (pl. 11. fig. 4.) prise sur son plan, (fig. 1.) selon les lignes AB, BC & CD, le fond des chambres I & K, ainsi que celui du grenier L, & celui de la cave P étant plus reculé que le fond M NO, (même fig. 4.) qui est le mur de l’allée, jusqu’au fond de la cave qui perce le bâtiment, pour communiquer de la cour au jardin, doit être lavé d’une teinte entiere d’encre de la Chine, & le fond MNO d’une demi-teinte, parce que celui-ci est moins reculé.

2. A l’égard de la coupe des terres, elle se lave d’une demi-teinte d’encre de la Chine en bordure le long de la ligne qui en marque leur profil, en adoucissant vers le bas si l’ouvrage subsiste, ou en jaune si c’est un projet. (pl. 13. fig. 1.)

3. Pour ce qui regarde la coupe du pavé, elle se lave en rouge, comme celle de la maçonnerie. (Sect. 3. art. 3.)

4. On marque les eaux de la coupe d’une riviere avec de la couleur d’eau, en conservant la force de la teinte à la superficie de l’eau, & en l’adoucissant vers le fond de la riviere ; & la coupe des terres des bords de la riviere ou du canal se lave d’une demi-teinte d’encre de la Chine, comme nous lavons dit dans l’article ci-dessus ; mais si la riviere ou le canal est un projet, on lavera seulement la coupe de leurs bords en jaune, en adoucissant toujours vers le bas. Voyez la fig. 4. pl. 8.

5. La coupe des chappes de ciment se lave d’une teinte plus forte que celle de la maçonnerie.

6. La coupe du sable, comme celui que l’on met dessus les chappes du ciment, se doit laver d’une demi-teinte de gomme-gutte, qu’il faut ensuite pointiller d’une demi-teinte d’encre de la Chine.

Des Profils.

7. Dans les profils de fortification, si l’ouvrage subsiste, la maçonnerie coupée, comme le revêtement A, (pl. 13. fig. 1.) sera lavée d’une teinte entiere de carmin, (par l’art. 2. & 3. Sect. 3.) & celle qui n’est pas coupée, comme le contrefort B, (même fig.) doit être lavée d’une teinte claire de la même couleur ; (par l’art. 2. & 4. de la même Sect.) mais ce qui est de terre, comme le rempart marqué C, (même fig.) ne se lave que sur les bords du profil d’une demi teinte d’encre de la Chine, que l’on adoucit vers le dedans, comme il est aisé de le voir par la figure ; & si c’est un projet, le tout sera lavé en jaune, en observant les mêmes dégradations de teintes. (Sect. 3. art. 2. 3 & 4.

Il en doit être de même des bâtimens qui regardent la fortification, comme casernes ; corps-de-gardes, arcenaux, & autres, & les lignes de ces desseins doivent toujours être noires. (même Sect. art. 1.)

8. Mais dans l’Architecture civile la maçonnerie coupée ou rompue ne se lave point, & lorsque le dessein est au moins sur un pou ce pour une toise, on la pointille avec une demi-teinte d’encre de la Chine si l’ouvrage subsiste, ou avec une demi-teinte de carmin si c’est un projet, pour distinguer les endroits coupés d’avec ceux qui ne le sont pas, comme les portes, les fenêtres, où l’on ne lave rien, non plus que dans le plan7, & les lignes du dessein seront toujours noires, soit que l’ouvrage subsiste, ou qu’il soit en projet. Sect. 3. art. 1. 2. 3. & 4.

Des élévations & façades.

9. Pour ce qui est de celles qui concernent les ouvrages de fortification, elles seront lavées d’une teinte très-claire de la couleur qui conviendra, (Sect. 3. art. 2. & 4.) qui sera moins forte à proportion qu’une façade sera plus reculée à l’égard d’une autre. Ainsi si l’ouvrage subsiste, les faces A & B du bastion (pl. 9. fig.1.) seront lavées d’une teinte claire de carmin, qui doit être plus force que celle des façades des bouts de courtines D & F, qui en sont plus éloignées, parce que, suivant l’optique, plus un objet est près de notre vue, plus il nous est sensible, ensorte que la teinte des plus éloignées ne fasse qu’éteindre la blancheur du papier, afin qu’on ne soit point obligé de faire la façade la plus avancée aussi forte que si c’étoit de la maçonnerie écorchée ; & si c’est un projet, on lavera en jaune, observant les mêmes dégradations de teintes.

10. Mais dans l’Architecture civile si l’édifice subsiste, ses façades seront lavées d’une teinte d’encre de la Chine, qui sera plus forte à proportion que les façades seront plus reculées, suivant le même principe d’optique, ensorte que la face la plus avancée soit blanche ; car on n’entend parler ici que des façades éclairées. Ainsi les façades des deux terrasses marquées dans le plan, (fig. 1. pl. 11.) seront blanches ; les parties de façades des deux pavillons qui paroissent au-dessus des terrasses, & celles du corps du bâtiment, seront lavées d’une teinte qui ne fera qu’éteindre la blancheur du papier ; & parce que la façade du corps de bâtiment est encore plus reculée que celle des deux pavillons, on repassera une seconde fois la même teinte sur cette face du corps de bâtiment, après toutefois que la premiere sera séche : je viens de dire qu’on repassera une seconde fois la même teinte, afin d’être sûr que la dégradation des façades soit proportionnée.

11. A l’égard des portes & des fenêtres, elles seront toujours lavées dans toutes les façades d’une teinte entiere d’encre de la Chine, observant d’y faire une ombre coupée à gauche, & dessous leur couverture, (fig. 2. & 4. plan. 11. par la seconde régle, Sect. II.) mais il faut que la largeur de l’ombre soit environ le quart de celle de la fenêtre, pour être de goût.

12. Pour ce qui est des couvertures, elles seront lavées d’une demi-teinte de la couleur qui conviendra, (Sect. 3. art. 2.) en conservant la force de la teinte à leur pied, & en la diminuant insensiblement jusqu’au faîte ; & pour y bien réussir, on la lavera à plusieurs teintes foibles. Pour cet effet on étendra d’abord une teinte très-claire sur toute la couverture, & si-tôt qu’elle sera imbibée, & non séche, on repassera la même teinte sur environ les deux tiers de la hauteur, en commençant au pied, & en adoucissant vers le sommet ; & lorsque cette deuxiéme teinte sera aussi imbibée comme la premiere, on repassera encore la même teinte sur environ le tiers, en commençant toujours par le pied, & en adoucissant vers le sommet, afin de marier ces trois teintes dans leurs adoucissemens ; & si l’on trouve que la couverture ne soit pas assez haute en couleur, on passera encore la même teinte une fois. Alors cette couverture sera lavée suivant l’optique, qui rend les objets moins sensibles à mesure qu’ils s’éloignent de notre vue ; mais comme la plûpart des Dessinateurs font le contraire, je veux dire qu’ils lavent les couvertures plus fortement à leur sommet qu’à leur pied, voyez l’Avertissement qui est à la fin de la Section XII. pour être convaincu de leur erreur sur cet article.

Notez qu’il ne faut pas laver en noir la baye d’une porte d’un mur de clôture, comme je l’ai vu faire à quelques-uns, parce que le jour passant à travers, il ne peut pas y avoit d’ombre ; mais si l’on ferme cette baye de sa porte mouvante, on la lavera d’une couleur de bois, & l’on fera une ombre coupée, comme nous l’avons dit ci-devant pour les portes & fenêtres d’une façade.

Il est bon de marquer sur l’épaisseur des murs la place des poutres des planchers ; cette place doit être blanche, sans y rien laver.

AVERTISSEMENT.

Quoique je n’aye pas prétendu enseigner dans ce Traité la distribution des bâtimens, ni aucune construction, mais bien la maniere de dessiner & de laver toutes sortes d’ouvrages, j’ai cependant compote celle du bâtiment de la planche 11 , où j’ai mis tout ce qui peut se trouver dans la distribution des bâtimens, pour faire voir de quelle maniere l’on doit en laver & exprimer en petit les minuties, & j’ai supposé qu’on ne pouvoit pas prendre des jours par les côtés du bâtiment, soit qu’il ne fût pas isolé ou qu’il ne fût pas permis d’en prendre, pour faire voir qu’on peut éclairer certaines piéces autant qu’il est possible par une ouverture dans le toît, ce qui forme une petite cour ; mais cette ouverture doit toujours être dans une croupe, & jamais dans une face où cela ne seroit pas propre.

Explication des lettres de la Planche 11.

La premiere figure est le plan d’une maison, sur les côtés de laquelle on suppose que l’on ne peut pas prendre des jours, soit qu’il ne soit pas permis d’en prendre, ou qu’elle soit resserrée entre d’autres maisons ; voici les parties de cette figure avec leurs dimensions.

a. Passage qui perce le bâtiment de la cour au jardin, de 6 pieds de largeur.

b. Salle de 15 pieds de largeur sur 20 de profondeur.

c. Office de 10 pieds en quarré.

d. Garde-manger de pareille grandeur, éclairé par une fenêtre au-dessus de la porte qui communique à la petite cour au four.

e. Cour du four de 10 pieds sur 9 1/4 laquelle prend jour par une ouverture de même grandeur dans la croupe du toît.

f. Cabinet de 10 pieds sur 9 pieds 1/4, où doit coucher la Cuisiniere.

g. Cuisine de 15 pieds de largeur sur 20 de profondeur.

h. Décharge de la cuifine, de 10 pieds sur 14, où l’on pourra faire la lessive.

i. Cabinet au linge sale, de 7 pieds sur 10.

k. Ecurie de 9 pieds sur 2 de proeudeur.

l. Chambre de para de à couler, de 15 pieds de largeur sur 20 p. ondeur.

m. Cabinet de toilette 10 pieds en quarré.

n. Garde-robe, pareille grandeur.

o. Petie au latrines de 10 pieds sur

9 1/4, laquelle prend jour par une ouverture de pareille andeur dans la croupe du toît. lcalier de 9 pieds 1/4 sur 15 pieds.

q. Salon à manger, de 9 pieds  4 sur 15 pieds, avec cheminée.

r. Anti-cabinet, de 9 pieds 1/4 sur 10.

s. Cabinet de 10 pieds sur 14 pieds de profondeur, avec cheminée.

t. Retranchement de 7 pieds sur 10, pour ferrer les livres & papiers de conséquence.

u. Bucher de 9 pieds 1/4 sur 20.

La deuxiéme figure représente la face du corps de logis, & celle des deux pavillons & & des deux terrasses.

La troisiéme figure est le plan des caves ou souterreins, dont voici l’explication des lettres.

E. Voûte à plein ceintre en berceau.

F. Voûte surbaissee, ou en anse de panier, pour parler vulgairement.

G. Voûte d’arrêté.

H. Voûte gothique, ou en arc de cloître.

La quatriéme figure fait voir la coupe du du os de logis & la façade d’une des aîles CD ment, prises sur les lignes AB & M & P. voici l’explication.

ve de 8 pieds de hauteur sous clef.

I. Chambre de rez-de-chaussée du 11 pieds 1/2 de hauteur.

K. Chambre du première étage, de même hauteur.

L. Grenier de 7 pieds de eur sous l’entrait.

MNO. Façade d’un des deux mu l’allée, ou passage sur la moitié de sa longueur.

Enfin la cinquiéme figure est le plan de la couverture & celui des terrasses, vû à vûe d’oiseau, dont voici l’explication des lettres.

Q. Ouverture dans la croupe, pour donner jour à la petite cour des latrines.

R. Autre pareille ouverture dans la croupe, pour donner jour à la petite cour du four, & de la fraîcheur au garde-manger.

S. Pan de couverture.

Nota 1o Que le four a sa bouche sous la hotte de la cheminée de la cuisine.

2o. Que les fourneaux ou potagers ont dans l’embrasure de la fenêtre de la cuisine) qui est proche du cabinet où couche la Cuisiniere.

3o. Le puits & son auge sont l’un & l’autre entre la fenêtre du cabinet au linge sale ; & celle de l’écurie.

Et enfin les latrines qui sont dans la petite cour o, sont séparées, l’une pour les Maîtres & l’autre pour les domestiques, & leur fosse qui est plus, basse que les caves, est de la même grandeur que leur cour.