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Victor Hugo
Les travailleurs de la mer
XIXᵉ siècle
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Gallica / Bibliothèque nationale de France
XIXᵉ siècle · null

Les travailleurs de la mer

Classique Français ClassiqueRomantisme
Mer et voyagesMariage

Les Travailleurs de la mer (1866), roman que Victor Hugo rédige à Hauteville House durant son exil sur l'île anglo-normande de Guernesey qui en devient elle-même le cadre, raconte l'histoire de Gilliatt, marin solitaire et taciturne rendu farouche par le mépris et la superstition de ses voisins insulaires, qui aime en secret la jeune et jolie Déruchette, nièce d'un armateur local. Lorsque celui-ci, victime d'une escroquerie, perd sa Durande, bateau à vapeur qui représentait une véritable prouesse technique pour l'époque, échoué sur un récif au large, Déruchette promet publiquement d'épouser quiconque parviendra à récupérer la précieuse machine engloutie. Gilliatt, saisissant cette occasion inespérée de conquérir celle qu'il aime, part seul affronter pendant des semaines les éléments déchaînés sur l'écueil des Douvres, luttant contre la tempête, la faim et la solitude la plus totale, puis contre une pieuvre monstrueuse qui manque de le tuer lors d'un combat resté célèbre, épisode qui popularise durablement en français le mot « pieuvre », jusqu'alors simple terme de patois normand que Hugo impose définitivement dans la langue courante au détriment de l'ancien mot « poulpe ». Revenu triomphant avec la machine sauvée, Gilliatt découvre cependant que Déruchette aime en réalité un jeune pasteur, Ebenezer Caudray, révélation qui le pousse, dans un geste d'abnégation bouleversante caractéristique du grand roman hugolien, à aider secrètement les deux jeunes gens à se marier et à embarquer ensemble, avant de s'asseoir seul sur un rocher au bord du rivage, la « chaise Gild-Holm-'Ur », et de se laisser lentement submerger par la marée montante en regardant s'éloigner le navire des amants qu'il vient de sauver. Par cette lutte titanesque de l'homme contre la nature et ce sacrifice final d'un amour renoncé, Les Travailleurs de la mer demeure l'un des grands romans hugoliens sur l'héroïsme solitaire et le renoncement, aux côtés de Notre-Dame de Paris et des Misérables.