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Classiquesen Ligne

Saccharum officinale. Famille des Graminées.

Cet utile végétal croît dans les deux Indes, dans les îles Canaries, aux Antilles et dans l’Amérique du sud. Il peut réussir en Italie et dans nos départements méridionaux; mais avec un mode de culture différent de celui qu’on emploie dans les colonies, ce dernier ne consiste qu’à coucher les cannes dans des sillons; chaque nœud produit des rejetons qui, au bout de dix mois, parviennent à maturité; on les coupe; on jette les feuilles, qui servent de fourrage; on brûle sur le sol les racines, qui le fertilisent par leurs cendres; on broie les cannes sous des rouleaux d’un bois très-dur. La liqueur qu’on en tire, appelée miel de canne ou vezou, donne le sucre, et des sirops que l’on convertit en rhum, et en liqueurs diverses.

Les champs de cannes offrent un aspect singulier : des racines fibreuses de la canne partent des tiges très-lisses, luisantes, formées d’une suite de cylindres superposés, articulés ensemble : de leurs nœuds, qui sont au nombre de quarante à soixante, sortent de longues feuilles, d’un vert glauque, avec une nervure blanche; elles embrassent la tige à leur naissance, et forment dans la partie supérieure une espèce d’éventail.

Le sirop aqueux qui fournit le sucre est contenu dans la masse des fibres tubulaires, il en découle par incision, et est une ressource précieuse pour le chasseur altéré.

Le moulin à sucre le plus usité est un pressoir couvert d’un hangar en bois, et mis en mouvement par un manège.

Nous n’entrerons pas dans le détail de la préparation du sucre, il nous suffit de dire qu’après avoir été réduit à l’état de sucre brut, il a encore à subir une autre épuration par le raffinage, qui d’ordinaire se fait en Europe : les modes de raffinage varient selon l’industrie et l’expérience de chacun.