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Classiquesen Ligne

Cocos. Famille des Palmiers.

e08600195_i0561.jpg Qu’on se représente une colonne de quarante à soixante pieds de hauteur, lisse et portant à sa cime un chapiteau de feuilles longues de douze à quinze pieds, les unes droites, les autres étendues horizontalement, d’autres s’inclinant avec grâce vers la terre; on aura une idée exacte du cocotier. Du sein des feuilles s’échappent de nombreuses grappes de fleurs, auxquelles succède une masse de fruits volumineux. Leur brou épais et filandreux recouvre une noix ovoïde, percée à sa base de trois ouvertures. Cette coque renferme une chair d’un blanc d’albâtre, laissant dans son centre un vide rempli d’une liqueur rafraîchissante, de couleur laiteuse, un peu sucrée, et fort agréable à boire lorsque le fruit est à moitié de sa grosseur.

Le bois du cocotier est très-dur, et sert à faire des charpentes. Employées comme couverture de toit, les vieilles feuilles résistent plusieurs années à l’action de l’air et des pluies. Les fibres qui enveloppent la noix donnent une filasse assez forte pour cordages; on fait avec la coque, sculptée et ciselée, des tasses, des coupes, et différents ustensiles; la chair qui garnit l’intérieur, très-bonne à manger quand elle est fraîche, fournit sous la presse une huile épaisse, qui a le défaut de rancir promptement. De la spathe qui entoure les fleurs du cocotier on peut extraire chaque jour, par incision, un litre de fluide aqueux, que la fermentation change en une liqueur dite vin de cocotier; comme ce vin tourne bientôt à l’aigre, on en fait du vinaigre, ou bien on le distille pour en avoir de l’eau-de-vie; on en a retiré du sucre, inférieur à celui de canne, quoique très-blanc.

Le cocotier donne des fruits dès l’âge de cinq ans; il ne produit abondamment qu’à dix ans. Il est constamment en plein rapport pendant plus d’un siècle.

Cet arbre magnifique croît de préférence au bord de la mer, dans un mélange de sable et de terre végétale; si on l’en éloigne, il végète et meurt.