V.
De la voix.
Sous l’influence de diverses perversions intellectuelles, la voix prend un caractère en rapport avec la pensée du sujet éthérisée, et, entre la voix rapide, sonore et accentuée qui traduit la colère la plus violente, et la voix plaintive, lente et mêlée aux larmes, il existe des transitions sans nombre, et nous avons noté, le bredouillement et les paroles inintelligibles nées sous l’influence d’une perversion intellectuelle, le chant et des cris en rapport avec l’état d’ébriété. Mais à mesure que l’éthérisme de l’intelligence s’accroît, à mesure que la résolution musculaire apparaît, la voix s’éteint, et en dehors des opérations, elle traduit en général chez le sujet éthérisé, souvent après l’excitation, la défaillance et la suspension de la pensée. Pendant l’opération, le silence de l’opéré indique la permanence de l’anésthésie ; toutefois il ne faut pas conclure des plaintes du malade que l’insensibilité des tissus a complétement disparu : il n’y a pas toujours, en effet, un rapport exact entre la sensibilité et la phonation, et souvent, aussi, l’intelligence est suspendue, bien que la sensibilité soit plus ou moins éveillée. Ce sujet important reparaîtra lorsqu’il sera question de la réalité de la douleur apparente.