Scène IV
Ah ! baste !… Et pourquoi non ?… je ne suis pas un ange !
Je suis fille Bohême. On me bat — je me venge !
Et le sort à mes vœux se conformant si bien,
J’aurais mauvaise grâce à lui reprocher rien.
Elle appelle.
Gauthier !
Gauthier !Mais quoi ?… quel air sombre ?…
Gauthier ! Mais quoi ?… quelAh ! chère Isabelle !…
— J’ai tout entendu.
— J’ai tout entendu.Bon ! la querelle éternelle !
N’y pensons plus… parlons plutôt de nos amours :
Gauthier, j’ai le moyen de nous voir tous les jours,
— Tout le jour — sans que nul s’en étonne, ni gronde
— Devant tous, et le plus effrontément du monde.
Oh ! faites !… car vous voir est mon premier souci !
Et tenez… quelquefois il m’arrive ceci
— Lorsqu’à guetter en vain le jour entier s’écoule,
Ou que je viens, tremblant et perdu dans la foule,
Vous adorer de loin, reine de ce tréteau,
— Il m’arrive — tenez — d’envier ce rustaud,
Ce malheureux valet qu’on gouaille et qu’on rosse,
Et je ne sais vraiment — tant mon sort est atroce —
Si tous les coups de pied qu’il faudrait recevoir
Seraient payer trop cher l’ivresse de vous voir !
Eh bien, le ciel vous sert à plaisir, car la chose
Que j’avais préparée et que je vous propose…
Mondor !… Laissez-moi faire, et dites comme moi !