Scène III
On vient du chemin de fer pour chercher les malles de M. le vicomte.
Ils choisissent bien leur moment ! (sans se retourner, aux camionneurs qui viennent d’entrer par le fond.) Allons, emportez ça sur la pointe du pied et qu’on ne vous revoie plus.
Tout ça ?
Oui, et ne bousculez pas trop mes pauvres hardes, si c’est un effet de votre bonté !
C’est-y pour les messageries ou pour les bagages ?
Qu’est-ce que tous voulez que ça me fasse ?
Monsieur part demain soir pour l’Italie.
Ils emportent ça comme des sans-cœur ! (À Baude-Boby.) Et à toi non plus, ça ne te fait rien de voir détruire toute mon ancienne tranquillité ? Tiens ! Tu as en ce moment l’attitude d’un pur égoïste. (À l’un des camionneurs qui s’est planté près de lui et attend.) Qu’est-ce que vous voulez encore ?
Cette malle…
La voilà ! (Il se lève, au camionneur près de sortir par le fond portant la malle.) Attendez ! (Le camionneur s’arrête.) Est-ce que vous êtes marié ?
Oui, m’sieu !
Et vous êtes content d’être marié ?
Ben, oui ! m’sieu !
Et pourquoi êtes-vous content ?
J’sais pas, m’sieu…
Il ne sait pas… C’est le seul qui soit sincère. (Au camionneur.) Allez ! Et Continuez à ne pas savoir.
Ben, m’sieu.
Le mariage, les grandes résolutions, c’est pour ceux qui ne savent pas…
Dis donc, mon vieux, ce n’est pas pour te presser, mais l’heure s’avance !
Ils ne commenceront pas sans moi ! (Bruit dans la coulisse. À Toussaint qui vient de rentrer.) Qui est-ce qui remue à côté ?
C’est mademoiselle Dolly qui est venue chercher des affaires qu’elle avait laissées ici.