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Classiquesen Ligne

Scène VIII

Les Mêmes, LE DOCTEUR.
LE DOCTEUR, entrant.

Qu’est-ce qu’il y a ? On me fait demander en toute hâte, qu’est-ce qu’il y a ?

LE VICOMTE.

Docteur, ça ne va pas.

LE DOCTEUR.
En effet, vous n’avez pas bonne mine.
LA BARONNE, à part.

Qu’est-ce qu’il va lui dire maintenant !

BOUCHEROT, à part, désolé.

Il ne se mariera pas !

LE DOCTEUR.

Vous étiez beaucoup mieux la dernière fois que je vous ai vu.

LE VICOMTE.

Parbleu, ce sont mes absurdes dîners chez les Herbelier ! Je savais bien que ces gens-là me mettraient sur le flanc.

LE DOCTEUR.

Je vois très bien ce qu’il vous faut.

LE VICOMTE.

La campagne, la solitude, la tranquillité.

LE DOCTEUR.

Et le mariage ! surtout le mariage !

TOUS.

Le mariage ! le mariage !…

LE VICOMTE.

Taisez-vous !… (Au docteur.) Mais le mariage va beaucoup me fatiguer…

LE DOCTEUR.

Il vous reposera.

LE VICOMTE.
Il y a une autre question. Admettons que le mariage soit bon pour moi…
LE DOCTEUR.

C’est certain !

LE VICOMTE.

Je l’admets… Mais ne dois-je pas avoir un scrupule de conscience à entrer dans une famille en étant si mal portant ?

LE DOCTEUR.

Vous n’avez aucun scrupule à avoir. Vous êtes un peu fatigué, mais vous n’avez aucune maladie grave… Vous irez tout à fait bien une fois que vous serez marié.

LA BARONNE.

Mais oui ! mais oui !

LE VICOMTE.

Mon tailleur, à qui j’ai demandé s’il était content d’être marié, m’a répondu par des phrases toutes faites. Un camionneur…

LA BARONNE.

Oh ! ces gens-là…

LE VICOMTE.

Ces gens-là ne réfléchissent pas.

LE DOCTEUR.

Ils ont bien raison, il vaut mieux ne pas réfléchir du tout que de ne pas réfléchir assez. Vous, vous ne réfléchissez jamais assez, alors ne réfléchissez pas du tout.

LA BARONNE.
Laissez les personnes raisonnables réfléchir pour vous.
LE VICOMTE, résigné.

J’ai confiance dans le docteur, il me conseille de me marier.

LE DOCTEUR.

Hardiment !

LE VICOMTE, assis sur son lit.

Eh bien !… Je crois que je vais me marier.

Il reste assis sur son lit.
LA BARONNE.

Il est quatre heures et demie, vous savez.

LE DOCTEUR.

Tous mes vœux de bonheur ; je rentre, on m’attend chez moi.

Il prend congé et sort.
BOUCHEROT.

Moi, je retourne à mon poste !

BAUDE-BOBY, à la baronne.

Ne le quittez pas.

LA BARONNE.

Oui, oui, je suis tranquille. Laissez-nous, ça vaudra mieux.

Boucherot et Baude-Boby sortent par le fond.