Scène VIII
Qu’est-ce qu’il y a ? On me fait demander en toute hâte, qu’est-ce qu’il y a ?
Docteur, ça ne va pas.
Qu’est-ce qu’il va lui dire maintenant !
Il ne se mariera pas !
Vous étiez beaucoup mieux la dernière fois que je vous ai vu.
Parbleu, ce sont mes absurdes dîners chez les Herbelier ! Je savais bien que ces gens-là me mettraient sur le flanc.
Je vois très bien ce qu’il vous faut.
La campagne, la solitude, la tranquillité.
Et le mariage ! surtout le mariage !
Le mariage ! le mariage !…
Taisez-vous !… (Au docteur.) Mais le mariage va beaucoup me fatiguer…
Il vous reposera.
C’est certain !
Je l’admets… Mais ne dois-je pas avoir un scrupule de conscience à entrer dans une famille en étant si mal portant ?
Vous n’avez aucun scrupule à avoir. Vous êtes un peu fatigué, mais vous n’avez aucune maladie grave… Vous irez tout à fait bien une fois que vous serez marié.
Mais oui ! mais oui !
Mon tailleur, à qui j’ai demandé s’il était content d’être marié, m’a répondu par des phrases toutes faites. Un camionneur…
Oh ! ces gens-là…
Ces gens-là ne réfléchissent pas.
Ils ont bien raison, il vaut mieux ne pas réfléchir du tout que de ne pas réfléchir assez. Vous, vous ne réfléchissez jamais assez, alors ne réfléchissez pas du tout.
J’ai confiance dans le docteur, il me conseille de me marier.
Hardiment !
Eh bien !… Je crois que je vais me marier.
Il est quatre heures et demie, vous savez.
Tous mes vœux de bonheur ; je rentre, on m’attend chez moi.
Moi, je retourne à mon poste !
Ne le quittez pas.
Oui, oui, je suis tranquille. Laissez-nous, ça vaudra mieux.