Langana.
24 janvier. — Nous nous arrêtons sur un immense banc de sable large de 1.500 mètres environ. A l’opposé du rivage se trouvent des mares et un marigot que l’on peut contourner. Le village de Langana est à 7 kilomètres. Le chef envoie du dolo, boisson fermentée faite avec le mil, de couleur blond blanchâtre ; elle a le goût du poiré fermenté avec une arrière-saveur désagréable de mil. Au bord du fleuve, il n’y a généralement aucune végétation sur les bancs de sable mobile et fin. Les vagues y dessinent des ondulations et de petits moutonnements comme sur les bords de la mer. Çà et là, à sa surface, se trouve une sauterelle grise, de couleur identique au sable.
Il y a seulement quelques traces de végétation au bord du marigot et des mares, des herbes très courtes formant de fins tapis verts (G. miliaeum Raddi = G. gracillimum Perr.). Sur les bancs de sable, je récolte un minuscule Gnaphalium à tiges blanches cotonneuses, hautes de 1 à 5 centimètres, à fleurs d’un blanc jaunâtre, il est mêlé de petits Cyperus formant des touffes de 3 à 4 centimètres de largeur. Sur le bord du marigot se trouvent quelques touffes de saules (Salix Safsaf Forsk.) et la Papilionacée à très longues gousses, à fleurs assez grandes, pendantes, jaunes intérieurement, maculées de brun extérieurement. Des bosquets épais bordent les deux rives du fleuve, là où les sables ne s’avancent pas au loin dans les terres. Au point où nous nous arrêtons, la laissée de sable est très étroite, l’eau vient à quelques mètres seulement des bords escarpés, boisés et vaseux. Je rencontre des Saules et des Légumineuses. Les grands bosquets s’étendant à l’intérieur des terres ont disparu et sont remplacés par de vastes savanes de Graminées sèches appartenant surtout au genre Andropogon. Les buissons n’apparaissent que de très loin en très loin et sont constitués surtout par des Nauclea inermis Baill. Quelques arbres en fleurs se trouvent sur les talus escarpés. Dans une petite crique, je remarque un entassement de gros blocs de rochers. Ils sont creusés de cuvettes, en partie découvertes. Au large, à côté du Niger, se trouvent des tourbillons et des fosses creusées par l’action du fleuve ainsi que des bancs d’Etheria dont les coquilles sont toutes vides.